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Philippe Varin


Caroline Tresca et Philippe Caroit :
Je t’aime… Moi aussi !
Depuis leur rencontre, Caroline Tresca et Philippe Caroit étaient tombés amoureux, avaient tourné des films, fait un enfant... Aujourd'hui, ils tentent une nouvelle expérience. Dans "Accords parfaits" de Louis-Michel Colla (mise en scène par Anne Bourgeois à La Gaîté-Montparnasse), le couple se donne pour la première fois la réplique sur une scène de théâtre. Interview croisée au cours de laquelle les deux comédiens expriment leurs accords et leurs désaccords.
Qui a eu l'idée de vous réunir au théâtre ?

Caroline Tresca : C'est Pascal Héritier, le producteur d'une pièce que j'avais jouée il y a trois ans. Il pensait que cela pouvait être intéressant de nous voir ensemble sur scène et nous a demandé si nous avions envie de le faire. Et c'était le cas.

Il ne restait donc plus qu'à trouver la pièce...

Philippe Caroit : C'est ça. Quelques mois plus tard, il nous a proposé Accords parfaits que nous avons un peu remodelée...

Sur quoi a porté ce travail de "remodelage" ?

P.C. : Au début, la situation de base, les personnages nous plaisaient beaucoup, mais il y avait quelques faiblesses, comme c'est souvent le cas dans les pièces qui n'ont encore jamais été jouées. L'auteur, avec beaucoup d'esprit d'ouverture, a collaboré à un travail de réécriture très collégial qui s'est poursuivi durant les répétitions et même pendant les premières représentations publiques. On a continué à peaufiner quelques répliques...
C.T. : ... Et à faire quelques coupes, aussi. Ce n'était pas du tout une pièce figée, avec un auteur à l'ego démesuré, qui aurait fait un drame si l'on avait changé une virgule. Il y avait vraiment une bonne ambiance.

De quoi parle "Accords parfaits" ?

P.C. : C'est une comédie de situation, avec certains volets qui tirent franchement vers l'humour et d'autres vers des choses plus émouvantes. Certains thèmes touchent les spectateurs assez profondément. La situation de départ, c'est la cohabitation, dans un même immeuble, de deux personnes qui ne se connaissent pas, une jeune femme moderne à qui tout semble réussir et un compositeur raté, alcoolo, largué par sa femme...
C.T. : Un jour, grâce à la complicité de la gardienne qui a un faible pour lui, il va profiter du fait que cette femme soit en vacances pour occuper son appartement.
P.C. : Ça, c'est le point de départ. Ensuite, en arrière-plan, la pièce traite de la solitude, du fait que dans les grandes villes, des gens peuvent vivre dans le même immeuble sans se connaître.
S'y ajoute aussi le thème du mensonge qui est important. Tout le monde ment à tout le monde, pour des raisons qui, parfois, peuvent cependant être bonnes...
C.T. : Et c'est également une pièce sur le non-dit, sur toutes les choses, tous les mots qui sont là, quelque part, mais que l'on ne dit pas.

Pour un couple de comédiens, est-il naturel d'avoir envie de jouer ensemble ?

C.T. : Pour nous, c'est surtout l'occasion d'une belle expérience. Autant pour un film, on peut ne faire que se croiser, autant les moments que l'on vit au théâtre, on les partage vraiment. Une première, une générale, une tournée..., ce sont des expériences de plus dans notre parcours à deux.
P.C. : Et puis on verra bien ce qu'il en restera, si on a envie de recommencer ou si on se dit : "Bon, on l'a fait, mais c'est suffisant, on ne va pas devenir Simone Valère et Jean Desailly !"

Finalement, est-ce plus facile de se trouver sur scène avec celui ou celle qui partage sa vie ?

C.T. : Quand on joue avec quelqu'un que l'on connaît bien, il y a évidemment une intimité de plus... Paradoxalement, je trouve que ça peut aussi s'avérer plus difficile. Parce qu'on sait que l'autre voit immédiatement quand on bluffe, quand on n'est pas vraiment dedans.

Vous vous sentez donc plus vulnérable ?

C.T. : Oui, c'est ça.
P.C. : Moi, ce n'est pas du tout mon cas. Je ne me sens absolument pas jugé. Pour moi, c'est toujours mieux de travailler avec des gens que l'on connaît, parce qu'on va plus vite à l'essentiel.
C.T. : Je ne me sens pas réellement jugée... C'est vrai que je suis plus en confiance avec Philippe qu'avec un autre comédien. Mais avec lui, je me sens aussi plus à nu, je sais qu'à aucun moment je ne peux tricher ou simuler quoi que ce soit.

Le petit écran vous a servi, à l'un et à l'autre, de tremplin médiatique. Avez-vous l'impression, à présent, d'être enfermés dans cette image télé ?

C.T. : Oui peut-être, mais cette image me permet de faire des choses. Je suis devenue présentatrice un peu par hasard, après avoir suivi des cours d'art dramatique. Ensuite, on m'a tout de suite proposé des premiers rôles pour la télévision. Et puis, j'ai également pu faire du théâtre. Si j'avais commencé comme tout le monde, tout serait allé beaucoup moins vite.
P.C. : Il y a beaucoup de mépris entre les différentes familles de ce métier. Moi, par exemple, j'ai eu un parcours assez atypique. J'ai commencé au Théâtre du soleil, puis je suis allé jouer Jésus au Palais des sports avec Robert Hossein, j'ai tourné avec des metteurs en scène des Cahiers du cinéma tout en interprétant parallèlement des comédies franchouillardes et des téléfilms. Eh bien, au fur et à mesure que ma popularité grandissait à la télévision, les propositions de cinéma se raréfiaient. Je trouve ça vraiment dommage, car moi, j'ai envie de travailler comme un artisan, en allant voir ce qui se passe un peu partout.

Petites histoires de couple...

Comment vous êtes-vous connus ?

C.T. : Ça ne vous regarde pas, c'est notre vie privée !
P.C. : On s'est connus sur un film que j'assume complètement.
C.T. : Tu ne vas pas le dire !
P.C. : ... Un film d'un réalisateur que j'aimais beaucoup...
C.T. Il le dit...
P.C. : ... Qui s'appelait Max Pecas...
C.T. : Je n'ai jamais tourné dans ce film ! (Rires.)
P.C. : Si, si, c'est là qu'on s'est connus ! C'était dans Deux enfoirés à Saint-Tropez. Et moi, je revendique de l'avoir fait !

Quelle est votre principale ressemblance ?

P.C. : Nous sommes tous les deux assez immatures !
C.T. : Non, moi, je suis très mature ! Sur ce point-là, justement, nous sommes très complémentaires.

Qu'est-ce qui vous agace le plus chez l'autre et que préférez-vous ?

C.T. : Rien ne m'agace chez lui ! Tout me plaît !
P.C. : Et moi, ce que je préfère, c'est quand elle me parle comme ça !

Quel a été votre dernier désaccord ?

P.C. : Ce devait être une histoire de bonbons que je voulais donner à notre fille. Caroline n'était pas d'accord...
C.T. : Évidemment, ça donne des caries !

Comment avez-vous résolu ce différend ?

P.C. : J'ai quand même donné le bonbon !
C.T. : Suite à quoi j'ai confisqué la boîte et l'ai cachée quelque part où je suis sûre qu'il ne la trouvera pas.
Interview par Manuel Piolat Soleymat
Paru le 27/05/2004

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