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D.R.


"Chicago" au Casino de Paris Comédie musicale de Bob Fosse (1975)
Sur fond de crimes passionnels et de scandale judiciaire dans le Chicago des années folles, se déploie un spectacle sulfureux et échevelé, porté à l'écran en 2002 par Rob Marshall.
Chicago City, années 20 : de Roxie à Fosse (prononcer "Fossie")
Au début des années 1920, une journaliste, Maurine Dallas Watkins, couvre pour le Chicago Tribune une série de procès spectaculaires de femmes criminelles, dont Beulah Annan et Belva Gaertner. Elle en tire une pièce de théâtre, Chicago, qui est jouée à New York dès 1926, puis devient un film en 1928. Un second film, Roxie Hart, confiera, en 1942, le rôle-titre à Ginger Rogers !
Or Bob Fosse était né à Chicago en 1927, juste après les débuts de la pièce. Il a bataillé longtemps avant d'en obtenir les droits, pour écrire une comédie musicale dont Fred Ebb signera les paroles et John Kander, la musique.
La version de Fosse amplifie le rôle de Velma, la compagne et rivale de Roxie, et crée celui de Mama Morton, la surveillante de prison.

Bob Fosse (1927-1987), born in Chicago
Danseur et chanteur exceptionnel (très remarqué dans Kiss me Kate en 1953), puis chorégraphe, il monte à Broadway où il tourne Sweet Charity en 1966, et Cabaret (collaboration Kander et Ebb) en 1972, avec Liza Minnelli et Joel Grey. En 1974, suivra Lenny, un film non musical, avec Dustin Hoffman.
Bob Fosse sera le premier metteur en scène à remporter un oscar, un Tony et un Emmy Awards au cours de la même année (1973) pour le film Cabaret, la comédie musicale Pippin, et le téléfilm Liza with a Z. À travers la sensualité du corps qui danse, le chorégraphe explore des destins marginaux : prostituées, chanteuses interlopes, criminelles. Ces figures lui permettent de jouer avec pulsions et tabous et d'intégrer une critique sociale au drame musical.

"Chicago", version xxie siècle
En 2002, le film de Rob Marshall, lui-même chorégraphe, réunissait Renée Zellweger (Roxie), Catherine Zeta-Jones (Velma) et Richard Gere (Billy Flynn). Il alternait habilement la vie réelle de Roxie, les conflits de la prison et des scènes imaginaires. Quant à la production dont Scott Faris signe, ici, la mise en scène, elle a triomphé depuis 1996 dans une quinzaine de pays. La version présentée au Casino de Paris compte 23 danseurs et 14 musiciens et les interprètes, dont Véronic DiCaire (Roxie) et Terra Ciccotosto (Velma), qui sont des canadiens francophones. Signalons que Laurent Ruquier assure l'adaptation française.
"Si vous aviez été là... Si vous aviez vu ça...
Je parie que vous auriez fait la même chose !",
revendiquent les fières assassines dans le fameux Cell Block Tango. Ou, comment, avec l'aide d'un avocat vénal, deux meurtrières manipulent la justice, la presse et l'opinion publique pour se hisser au rang des célébrités les plus populaires de la ville. All that jazz...


Stéphane Rousseau

Le beau gosse québécois, humoriste déjà connu à Paris, est Billy Flynn, l'avocat véreux de "Chicago". Après son rôle tout en sensibilité dans le film de Denys Arcand "Les Invasions barbares", il endosse ici un rôle cynique qui permet au "stand-up comic" de Montréal de brûler les planches avec ses talents conjoints de chanteur et danseur.

De Montréal à "Chicago", en passant par la radio et le cinéma... itinéraire d'un artiste accompli.

À 33 ans, il avait déjà vingt ans de métier...
Dès l'âge de 13 ans (comme Bob Fosse lui-même !), après l'école, Stéphane Rousseau montait sur la scène de clubs et de cabarets québécois, sur les traces des stand-up comics anglo-saxons qu'il admirait. Il est ainsi très vite rompu aux sketches en solo, qu'il a peu à peu assemblés en one-man-shows, tout en animant à la radio, un "Morning Man" très apprécié des Québécois pendant cinq ans.
Doté d'un physique qui lui permet sans peine de se glisser dans la peau des chanteurs minets, mannequins et autres chippendales qu'il parodie dans ses sketches, il cultivera aussi ses multiples talents de danseur, chanteur, musicien, et même, jongleur et dessinateur !
Vite reconnu à Montréal, il obtient en 1993 le Félix du meilleur spectacle d'humour, puis le "Billet Double Platine" en 1994. Certains de ses personnages, comme celui de Madame Jigger, marionnette de vieille dame, deviennent singulièrement populaires outre-Atlantique.

De Montréal à Paris, entre les planches et le grand écran
Son metteur en scène, Denis Bouchard, le pousse à s'engager plus intimement dans ses spectacles. C'est alors, qu'il parle des hommes et de leur hantise du cap de la trentaine, et remet en cause la virilité du bûcheron canadien.
Le one-man-show très rythmé - "à l'américaine" -, qu'il a présenté au Bataclan à Paris, sous le titre Stéphane Rousseau vous fait l'humour, mêlait effets visuels, vidéo sur scène (le "trash video") et performances musicales. Il a beaucoup travaillé avec Pascal Légitimus, qui signait l'adaptation du spectacle en France. Entouré de cinq musiciens, il y alternait sketches et chansons.
Il travaille également avec Franck Dubosc, avec lequel il a coanimé le gala des Français au festival "Juste pour rire" de Montréal l'été dernier.
À ce panorama déjà complet, s'ajoute aussi le cinéma, pour lequel il a travaillé aux côtés d'une grande référence québécoise, Denys Arcand (Le Déclin de l'Empire américain, 1986). Dans Les Invasions barbares, il interprète en effet Sébastien, le fils aimant de Rémy Girard, qui accompagne son père jusqu'à la mort.

Ses projets ?
À cette question, le comédien répond qu'il souhaite s'établir en France, pour "s'imprégner de la culture d'ici, et séduire le public français". Mais aussi, dessiner, écrire, et d'ajouter : "Jouir de la liberté qu'on a à Paris. Chez nous, on devient
américains." Bienvenue à l'artiste !
Dossier par Vincent Goupy
Paru le 15/03/2004

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