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D.R.


Lio, maman
Au Vingtième Théâtre, Lio pouponne un nouvel enfant...
Elle joue, "Le Bébé", de Marie Darrieussecq. Marc Goldberg assure la mise en scène de ce texte qui dépeint les premiers instants d'intimité entre une mère et son enfant.
Vous avez déjà joué au cinéma, mais au théâtre...
C'est un peu téméraire, je n'en ai jamais fait et me voilà sur scène dans un monologue. Je n'ai pas de repères, je suis seule, comme un petit taureau dans l'arène. Je n'ai jamais mené de carrière de comédienne, on est venu me chercher. J'aimais chanter mes petites histoires, et les gens de cinéma sont venus à moi. J'ai très vite vu ce à quoi on voulait me réduire : je représentais beaucoup d'argent, je vendais des millions de disques, mais il n'y avait pas d'amour autour de moi, les auteurs s'intéressaient à moi pour de mauvaises raisons. Mon sens de la survie, mon instinct m'ont éveillée. Je suis une grande timide, je répugne à aller chercher les gens. C'est l'histoire de ma vie : les gens sont beaucoup venus vers moi en m'utilisant sans s'intéresser à ce que j'avais envie de proposer. Mais je ne me suis jamais battue non plus pour mener une carrière, je trouve cela vulgaire.

Il faut bien vivre...
Je sais très bien lorsque je fais des choses alimentaires : j'ai fait des concerts dans des conditions épouvantables... La vie vous pousse parfois à faire ces choix-là, mais on fait tout pour s'en sortir. J'adore mes tubes, mais chanter dans ces conditions tellement cruelles, ça vous entame, ça oblige à prendre sur soi quand on est venu dans ce métier pour la beauté des choses. Malgré tout, la chance est partout, il faut seulement être disponible pour la saisir...

Parlez-nous de votre pièce...
Le thème traite de ce temps de maternage qui suit la naissance d'un bébé, un temps souvent mal vécu par les pères. La femme n'attend pas un enfant, elle le fabrique. Le père, lui, l'attend, alors il a l'impression qu'on le lui vole et se sent exclu, mais il doit être d'abord aux côtés de la mère. Ce qui me plaît, c'est que ce soit un homme, Marc Goldberg, qui s'intéresse à ce moment de la vie qui est la prolongation de quelque chose d'extrêmement féminin. Il ne faut pas éliminer ce temps de maternage. J'ai six enfants, je sais de quoi je parle.

Diriez-vous qu'il s'agit d'un texte féminin ou plutôt féministe ?
S'il faut mettre "iste" quand on exprime un point de vue féminin, alors oui. Mais je ne suis pas une militante, je dis mon point de vue. C'est un regard féminin ; il devient féministe parce qu'on le pousse à le devenir, c'est un point de vue de femme. Il y a dans l'écriture de Marie Darrieussecq quelque chose de très serein, c'est une femme heureuse qui aime et qui est aimée. C'est un spectacle hors des sentiers battus, ça vaut la peine de venir se poser toutes ces question-là. J'ai envie de convaincre et d'entraîner les gens dans un joli et authentique moment.
Interview par François Varlin
Paru le 15/03/2004

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