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© James Weston
Chloé Lambert
"Le Misanthrope". Au Ranelagh
Quinze ans après leur rencontre dans "L'Autre" de Florian Zeller, Chloé Lambert retrouve Nicolas Vaude et devient Célimène, tandis que son co-metteur en scène endosse les habits d'Alceste.
Pour quelles raisons vous êtes vous intéressés à cette pièce de Molière ?
Quand Nicolas et moi avons créé "L'Autre", nous nous étions promis de jouer ensemble "Le Misanthrope". Sans doute pour la proximité des sujets traités. Au-delà de son humour très spirituel et de ses situations cocasses, cette pièce est une réflexion sur la condition de l'être humain : faisons-nous le choix d'accepter la réalité ou restons-nous dans notre idéal ? Elle présente une galerie de personnages passionnants qui racontent les vanités, les amours-propres mal réglés.

Comment percevez-vous Alceste ?
Son principal problème est qu'il refuse de faire des concessions, alors qu'il est nécessaire d'en faire pour vivre avec autrui. Il accepte aussi très mal de ne pas être compris de tous et de ne pas pouvoir tout dire. Il ne se remet jamais en question et, en plus de l'isolement auquel cette attitude le conduit, il se persuade d'avoir raison ! Molière donne une indication sur son tempérament dans le sous-titre, L'Atrabilaire amoureux : il est facilement en colère, rumine. Il se révèle également jaloux, naïf, orgueilleux, susceptible. Ce qui le conduit à des excès et des situations terriblement comiques ! Paradoxalement, nous sommes tous tentés de nous identifier à ce personnage pur, droit, qui ne ment jamais. Car nous avons tous éprouvé l'injustice, le mensonge, la trahison et nous avons besoin de cette révolte pour améliorer le monde. Mais il faut savoir aussi mettre de l'eau dans son vin !

Quelle Célimène serez-vous ?
Une jeune veuve qui ne dépend plus de personne, tout à la joie de profiter de sa jeunesse et de sa vitalité ! Elle est finalement assez mystérieuse comme elle se dérobe sans cesse. Elle est un objet de désir pour les hommes et on ne sait pas si elle les flatte par coquetterie, bienséance ou intérêt. Elle se révèle en tout cas médisante, manipulatrice et sa fausseté finit par énerver tout le monde ! Il convient de préciser que ce sont des aristocrates qui n'ont pas besoin de travailler : en hommes et femmes proches du pouvoir, leur préoccupation première est de le rester ! Ils ne sont pas mauvais mais obsédés par le regard que l'on porte sur eux, à la limite du narcissisme. Deux personnages, Philinte et Éliante, font figure d'antidotes, par leur manière d'être, aux problèmes d'Alceste et Célimène : ils sont humbles, vrais, modérés, tolérants et offrent un autre point de vue sur le mensonge, la société et l'amour : ils prennent la réalité telle qu'elle est !

Dans quel écrin avez-vous choisi de faire évoluer ces personnages ?
Plus que de décor, il s'agit d'éléments de décor intemporels (des miroirs, des fleurs de cerisier...). D'autant que nous avons la chance de créer ce spectacle dans un lieu qui est un décor à lui tout seul ! Au niveau des costumes, nous espérons créer une mode, inspirée des tenues du XVIIe siècle, colorée, élégante !
Interview par Alain Bugnard
Paru le 10/02/2020

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