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© Nathalie Mazeas


Johanna Boyé
Est-ce que j’ai une gueule d’Arletty ?
Johanna Boyé, qui a récemment mis en scène "La Dame de chez Maxim" au Théâtre 13 et "C'était quand la dernière fois ?" au Tristan Bernard, s'est attachée à rendre un hommage musical et flamboyant à celle qui fut l'une des plus grandes actrices du cinéma français.
Comment en êtes-vous venue à vous pencher sur le parcours d'Arletty ?
Élodie Menant, qui avait vu "La Dame de chez Maxim", voulait que je mette en scène le spectacle qu'elle avait co-écrit avec Éric Bu. Je connaissais peu Arletty mais j'ai été interpellée par sa liberté de ton, son indépendance et le prix qu'elle dut payer pour sa liberté de penser. Il m'intéressait de questionner ce personnage politiquement incorrect. La France brandit ses héros de la Résistance - finalement peu nombreux car il est toujours extrêmement difficile de s'opposer aux maîtres du moment - et jette un voile pudique sur ses "collaborateurs" qu'elle se contente de désigner comme tels, sans chercher à expliquer leur ambivalence, leur complexité, les motivations de leurs choix politiques.

Qu'avez-vous retenu de ce parcours ?
Qu'il est fascinant ! Elle a commencé sa carrière au music-hall pour la finir au cinéma. Elle est la première actrice à avoir mis en lumière des personnages prolétaires et, avec elle, les personnages féminins n'étaient plus effacés au cinéma. Elle a inspiré un grand nombre d'auteurs, de metteurs en scène. Elle était au centre d'une époque, d'un milieu artistique dans lequel tourbillonnait Prévert, Cocteau, Louis Jouvet, Michel Simon... À l'issue de la Seconde Guerre mondiale, elle a subi de violents interrogatoires et fut assignée pendant deux ans à résidence pour avoir été la maîtresse d'un officier allemand. Sa notoriété lui a permis de bénéficier d'un traitement de faveur et de ne pas être tondue. Elle a ensuite développé une maladie des yeux et passé les trente dernières années de sa vie pratiquement aveugle. Elle a eu le malheur de perdre ses amis les uns après les autres et de mourir dans une solitude complète.

Comment avez-vous choisi de le mettre en scène ?
Il s'agit de théâtre musical avec chansons et chorégraphies. Arletty est la meneuse de revue de sa propre vie jusqu'au moment où les choses commencent à lui échapper. Elle perd alors la maîtrise de son propre spectacle. Élodie Menant l'incarne avec beaucoup d'élégance et fait revivre sa gouaille, sa manière d'être. Les trois autres comédiens (Marc Pistolesi, Cédric Revollon et Céline Espérin) incarnent une quarantaine de personnes qui ont croisé sa vie. Mehdi Bourayou, qui a composé les chansons et conçu l'univers sonore du spectacle, accompagnera les comédiens au piano. Comme nous traversons le XXe siècle et passons par des dizaines de lieux différents, nous avons conçu un système de bascule entre décors de music-hall et de cinéma qui permettent de suggérer chaque espace. Nous avons recréé certaines tenues phares d'Arletty. Et pour chacun des autres personnages, il fallait trouver le costume qui permettrait de l'identifier rapidement. Nous espérons entraîner le spectateur dans un spectacle joyeux, festif, sur un rythme effréné mêlant danse et chansons. Et rendre hommage à cette immense artiste à la joie de vivre communicative !
Interview par Alain Bugnard
Paru le 28/01/2020

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EST-CE QUE J'AI UNE GUEULE D'ARLETTY?   (28 notes)
LE PETIT MONTPARNASSE
Jusqu'au dimanche 31 mai

SPECTACLE MUSICAL. Qui de mieux qu’Arletty elle-même pour revisiter sa vie? Ce soir, la voici maîtresse de cérémonie. Accompagnée de trois comédiens, elle nous embarque chez elle à Courbevoie, puis au music-hall, au théâtre, au cinéma, on traverse la Belle Époque, 14-18, les Années Folles, on chante, on danse, tout ...


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