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Sami Bouajila dans “drôle de Félix”
Moune Jamet


Sami Bouajila
La grâce en action dans “Gagarin way”
Silhouette devenue familière à l'écran après "drôle de Félix", Sami Bouajila avait abandonné la scène depuis 1996. Il y revient sur les planches du Rond Point dans la pièce de Gregory Burke, mis en scène par Bertrand Bossard.
Les acteurs d'origine maghrébine à trouver leur place dans le cinéma et le théâtre français ne sont pas nombreux, à peine une poignée. Parmi eux, on compte une star du film pour ados (Samy Nacéri), un épatant acteur de composition (Zinedine Soualem), un comédien à transformation (Roschdy Zem), un jeune premier en pleine ascension (Jalil Lespert). Et Sami Bouajila, peut-être le plus discret du lot mais certainement pas le moins subtil, tant il sait, depuis treize ans maintenant qu'il se promène sur les écrans, déjouer tous les stéréotypes. Car Sami a quelque chose d'absolument rare parmi les acteurs français : la grâce. Quoi qu'il fasse, quel que soit son rôle (sans papiers, jeune gay séropositif, amoureux fou ou gangster), il apporte à ses personnages une élégance, un charme et une luminosité qui n'appartiennent qu'à lui. Et c'est bien cette singularité que les cinéastes viennent de plus en plus chercher, l'éloignant à chaque fois des images toutes faites : "Je n'ai jamais eu envie d'être cloisonné, explique-t-il, mais c'est vrai que depuis trois ou quatre ans, on me propose des rôles plus forts car écrits directement pour moi. Pour un acteur, c'est très valorisant." D'autant que ces rencontres l'ont emmené vers les rivages de la comédie (Embrassez qui vous voudrez, de Michel Blanc) comme vers le film d'action (Nid de guêpes), qu'il avait peu abordés jusque-là. À 37 ans, ce fils d'immigrés tunisiens né à Grenoble n'en renie pour autant aucune des étapes de son parcours : ni les premiers pas au théâtre, ni ses premières amours avec le cinéma d'auteur (Bye-Bye, Nos vies heureuses ou Drôle de Félix) dans lequel il a su très vite imposer son charisme. Il y a quelques mois encore, il était à Cannes pour y défendre En jouant "Dans la compagnie des hommes", un film sur le théâtre signé Arnaud Desplechin. Une manière aussi de renouer avec la scène. "J'ai beaucoup tourné récemment, expliquait-il alors. Mais cela fait longtemps que j'ai décidé de faire un arrêt : il ne faut pas que ça devienne une gymnastique de tourner, même si c'est difficile de refuser des rôles qui sont beaux, qui vous plaisent." Une pause bien remplie malgré tout, puisqu'elle est l'occasion pour Sami Bouajila de revenir au théâtre qu'il délaissait depuis 1996. "Comédie noire" telle que la définit son metteur en scène, Bertrand Bossard, Gagarin way est une pièce sociale où mondialisation, chômage, spéculation et révolte sociale se mêlent à travers le portrait de deux hommes malmenés par la guerre économique, et qui décident de passer à l'action... L'occasion pour un Sami Bouajila toujours inquiet d'étendre un peu plus encore son registre.
Portrait par Didier Roth-Bettoni
Paru le 05/02/2004

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