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© Bruno Perroud


Nathalie Corré
ou les deux Corré
Toujours prête à faire rire, parfois à ses dépens parce qu'elle avoue ne pas avoir le sens du ridicule, Nathalie Corré est depuis de nombreuses années la joyeuse complice de comédiens sur scène comme d'animateurs radio et télé. Mais qui est vraiment cette boute en train qui vient de jouer dans "Vive Bouchon" au Splendid et que l'on peut voir à 18h dans "Tout le monde a son mot à dire" (France 2) ? Ne s'épanouit-elle que sous les projecteurs ?
Dès l'école, elle fait le zigoto "je me faisais coller pour ne pas être ostracisée en tant que première de la classe" et cultive un rêve depuis toujours : devenir danseuse ! Hélas, une pneumonie brise sa vocation juste après son admission à l'Opéra, à 13 ans. "Ma vie s'est écroulée d'un coup. Depuis, tout le reste est seulement devenu du pourquoi pas...".

Après la fac, deux licences à Nanterre, la vie active. On la voit bien dans une agence de pub ? Elle envoie des CV et entre à Havas. "Je gagnais très bien ma vie mais un accident de voiture m'a ouvert les yeux : je m'étais trompée de chemin !" Ni une ni deux, elle devient... marionnettiste ! "Pourquoi, je ne sais toujours pas, mais j'ai adoré !" Plus tard, elle rencontre des comédiens de la Ligue d'Impro, y entre, et fait, avec d'autres, "du théâtre militant dans des lieux improbables".

Puis, elle part en vacances au Caire... et y reste cinq ans ! "J'ai craqué sur la ville, la langue que j'ai apprise, la danse orientale que j'ai pratiquée... avant d'aller aux Maldives, puis au Sri Lanka, à Londres... Sept ans de découvertes, de rencontres, de gens et de cultures différentes... L'éclate totale car tout ce qui est différent de moi m'intéresse".

De retour en France, elle devient enquêtrice puis journaliste à Marie Claire où on lui dit "avec la voix que tu as, tu devrais faire de la radio". Pourquoi pas ? Nathalie envoie des CV... et entre à Europe1 avant France Inter, RTL, la télé avec Michel Drucker... et toujours le théâtre : "Les Monologues du vagin, Le Dindon, Perversité sexuelle à Chicago, Le Don d'Adèle"... une diversité totale et revendiquée !

Mais arrivent les attentats de 2015. "C'est l'horreur. Je ne comprends plus ce monde... et je pars au Portugal dont je ne connaissais rien. Je vis chez l'habitant, apprends le portugais, essaie de créer une radio franco-portugaise mais suis rappelée pour des enregistrements à Paris. J'y retrouve plein de copains... et le théâtre. Divertir les gens, qui en ont bien besoin, a remplacé le ciel bleu et ça me fait du bien".

Son bilan ? "Je n'ai pas choisi. J'ai juste suivi ma bonne étoile et, si je ne danse pas, je suis malgré tout sur les planches. Partir régulièrement à l'étranger n'est pas forcément le bon choix car on est vite oublié mais c'est viscéral. C'est mon luxe, je profite de chaque instant car la vie est courte... quitte à déstabiliser ! De toute manière, depuis toujours, je suis incapable de me projeter et de me cantonner à une seule chose. D'ailleurs, j'aimerais rejouer"La reine Marguerite" de Gombrowitcz ou Arkadina dans "La Mouette" car aujourd'hui, j'ai l'âge du rôle... mais mon rêve absolu, ce serait une comédie musicale ! Pour l'heure, j'écris mon deuxième spectacle solo..."
Portrait par Caroline Fabre
Paru le 20/12/2019

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