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© Laurencine Lot


Clémentine Célarié
Eternelle amoureuse
Elle est actuellement à l'affiche du spectacle "Une vie" de Guy de Maupassant. Elle en signe l'adaptation et Arnaud Denis la mise en scène. C'est une belle occasion pour l'interviewer sur cet auteur prolifique qui lui tient tant à coeur.
Vous rappelez-vous votre première rencontre avec Guy de Maupassant ?
J'étais à Lille, où j'ai vécu 3 ans. J'avais 16 ans. Ma mère m'a amené voir un comédien, Gérard Guillaumin, qui interprétait "Les Contes de la Bécasse". Ce texte m'a frappée comme la foudre. Il est magnifique de beauté, de vérité. Il correspond exactement à ce que j'attends de la vie...
Chez Maupassant, il y a de l'espoir et de la méfiance. Il y a également beaucoup de cruauté mais aussi une foi en la vie, très présente. Quand je suis amoureuse je vis ce même sentiment de doute et de foi.
Il y a une dizaine d'années, après un chagrin d'amour, je me suis plongée à nouveau dans l'univers de l'auteur. J'ai tout acheté, "Pierre et Jean" "Fort comme la mort", les recueils de nouvelles. Je me suis reliée à lui. Quand je lis Maupassant, j'ai l'impression qu'il me comprend, comme un ami intime. Il me réconcilie avec le monde.
Dans ses livres, il parle très souvent de l'âme, plus que du coeur. Il va dans les profondeurs de l'être. Cela vous (re-)connecte avec la réalité quand on est malheureux.

Depuis les premières lectures données au théâtre de l'Atelier en 2008 , comment l'auteur a t'il marqué son empreinte en vous ?
A l'Atelier, je présentais des nouvelles. Je ne maitrisais pas le texte comme aujourd'hui dans "Une Vie". C'était en quelque sorte une répétition générale. Depuis l'auteur a mûri en moi. Il est comme mon ami, mon ange gardien.

Le roman «Une vie» est dense, comment avez vous réussi à condenser le texte ? Quels choix ont été nécessaires pour que les spectateurs suivent l'intrigue.
Avant d'adapter le livre, je l'ai lu et relu de nombreuses fois. Ma première idée était de commencer par un choc, il fallait mettre en évidence un problème.
Très vite, j'ai mis le roman à la première personne. Le "je" est important, ainsi Jeanne, l'héroïne, peut décrire la nature et se l'approprier. J'ai écrit une première version de quarante pages puis je l'ai remaniée, rétrécie. J'ai dû retirer beaucoup de passages. J'ai sélectionné les principaux évènements. Parfois, je suis revenue sur mes coupes. Ainsi, j'ai remis le personnage du curé qui est capital car c'est lui qui présente Julien à Jeanne. J'adorerai un jour donner une intégrale beaucoup plus dense car Jeanne est multiple.

L'amour, la trahison, la maternité sont au coeur de l'oeuvre. Pouvons-nous faire le point ensemble sur ce que représentent pour vous ces évènements et sentiments ?
L'amour c'est le secret de tout. C'est ce qui guide ma vie. La compréhension, l'apprentissage de l'autre. Aujourd'hui, malheureusement, on ne dialogue plus, on ne réfléchit plus. Etre amoureux est un état incroyable mais j'adore aussi la solitude. Pour moi, l'amour est toujours lié à la trahison. Quand je suis amoureuse, j'ai toujours peur. C'est une menace permanente. mais toutes les trahisons sont atroces.
La maternité est la base de la vie d'une femme, le prolongement de sa propre vie. Jeanne est d'ailleurs une mère fanatique mais très honnête. Elle le confesse, elle avoue être jalouse de la nourrisse car elle la prive de son amour. De mon côté, j'ai un rapport particulier avec mes enfants car ce sont mes alliés, mes frères.

Il y a très peu de décors dans le spectacle à part la falaise, symbole du vertige de l'existence et deux toiles peintes magnifiques ? Est-ce un choix délibéré ?
Absolument. J'ai demandé à Arnaud Denis de rencontrer Hermann Batz, un jeune artiste de 27 ans. Il vient d'un autre temps, du XIXe siècle. J'ai eu un coup de foudre pour cet artiste qui, au delà de la peinture, a des idées ingénieuses de scénographies. L'idée de la falaise qui s'élève vers les spectateurs est de lui. Je suis en perpétuelle suspension face à l'abîme.

Parallèlement à «Une vie», quels sont vos projets ?
Je viens de tourner deux films avec Gabriel Aghion que j'aime énormément. "Classe unique" avec Sam Karman et "Poquelin" avec Joffrey Platel. Je vais également mettre en scène la comédienne Elodie Godart qui a écrit un très beau roman "Les Princes charmants ne savent pas voler" qui raconte la survie d'une jeune femme.
Enfin, avec l'auteur Jean-Benoit Patricot, nous avons adapté une version cinématographique de la pièce "Darius".
Interview par Bruno Perroud
Paru le 17/11/2019

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UNE VIE   (131 notes)
THÉÂTRE DES MATHURINS
Jusqu'au dimanche 29 mars 2020

COMÉDIE DRAMATIQUE RÉPERTOIRE CLASSIQUE. "Une vie, voyez-vous, ça n’est jamais si bon ni si mauvais qu’on croit". C’est sur cette phrase que Maupassant achève son premier roman. Il nous raconte l’histoire de Jeanne. Une vie parmi d’autres. Avec toutes les découvertes, les grandes joies, les plaisirs, les désillusions, les souffrances que...


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