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D.R.


Les Jeanne,tout un programme !
Que les plus de 30 ans se réjouissent ! Les "Jeanne" sont de retour. Quant aux autres, ils vont vite apprendre à connaître ce phénomène socioculturel
qui bouleversa le paysage théâtral.
À la fin de la décennie 70, les femmes l'ouvraient enfin. Elles le faisaient dans la rue, à la télé, au cinéma et sur scène. Si elles étaient féministes, les "Jeanne" n'étaient pas des militantes. Elles exprimaient, avec humour, le ras-le-bol des femmes. Les 3 Jeanne disaient : "Partageons, regardons et essayons de faire ensemble." Ce que nous tentons de faire depuis. Cela fit grincer certaines dents, d'autant plus qu'elles étaient belles et sexy. Elles s'appelaient Martine et Éliane Boéri, Chantal Pelletier et Éva Darlan.

Un succès fulgurant

Éliane Boéri se souvient avec tendresse de leurs débuts.
"Curieusement, ce sont les anciens, comme Anne-Marie Carrière et Jean Amadou qui nous ont aidées. Nous leur devons beaucoup." Elles commencent à la Pizza du Marais, actuellement les Blancs-Manteaux. "On partageait la scène avec des gars comme Higelin, Renaud. À côté, il y avait la veuve Pichard (le Point-Virgule). Il y avait Coluche, Lanvin l'équipe du Café de la Gare, Reiser. C'était la belle époque du rire. L'ambiance était extraordinaire."
La première représentation eut lieu en mars 76. "C'était loin d'être gagné. Et pourtant, dès l'été, en pleine canicule, on a
refusé du monde." Le bouche-à-oreille avait fait son travail. Et cela dura de longues, très longues années. "Une véritable histoire d'amour avec le public et ça continue." Certains pensaient que les "Jeanne" n'étaient qu'un effet de mode. Or, le sketch du Patate man fonctionne toujours autant.
Qui n'a pas dans son entourage, un homme qui se défile pour ne pas faire les corvées ménagères et manie la mauvaise foi avec aisance ?

Toujours dans l'actualité

Je demande à Éliane Boéri ce qui l'a poussée à reprendre les "Jeanne". "C'est le public", répond-elle en riant, heureuse du constat. Pendant la tournée de sa pièce Le Déjeuner de Jeanne, il lui posait invariablement la même question : "Et les Jeanne alors ?" Devant l'engouement, Jean-Marc Bondier, metteur en scène du Déjeuner, s'est écrié : "Faut remonter un florilège des Jeanne !" Éliane
insiste, sans lui, sans sa pugnacité, elle n'aurait jamais
pu reprendre cette aventure. D'autant plus que Martine Boéri, partie faire rire dans l'au-delà, ne serait pas de la partie. "C'était dur de remonter au créneau sans elle. Pourtant, elle est très présente." Difficile de faire avec le passé, les souvenirs, Éliane s'en est vite rendu compte. Alors, elle a regardé le présent et a porté son choix sur deux jeunes artistes, Bénédicte Charpiat et Marthe-Hélène Raulin.
"Ce sont deux comédiennes avec une formation de danseuse. C'était nécessaire, car le spectacle est très physique. Jouer les "Jeanne" cela demande une belle adresse avec son corps. C'est du clown."

En avant pour l'aventure !

La première représentation a eu lieu à la Comédie de Saint-Étienne. Trois dates étaient inscrites au programme, face à la demande, elles se transformèrent en sept dates. Partout, les "Jeanne" ont joué les prolongations et refusé du monde. "Et dire que personne n'y croyait !", s'exclame Éliane, surprise et ravie de ce succès. Après une longue tournée, les "Jeanne" arrivent au Théâtre de Ménilmontant, un lieu à découvrir. "C'est un véritable théâtre de quartier, qui a une longue histoire avec les habitants. Il y a 350 places. La jauge de rêve." Nous retrouvons le meilleur des "Jeanne" dans un spectacle intitulé : "Vous allez recommencer à dire les mêmes conneries sur les mecs avec tous les efforts qu'on a fait merci c'est sympa." Tout un programme !
Zoom par Marie-Céline Nivière
Paru le 15/11/2003

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