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© Bruno Perroud


Emmanuel Dechartre
au Petit-Montparnasse
Il incarne, dans "L'Un de nous deux", Léon Blum. Face à lui, Christophe Barbier interprète Georges Mandel. L'auteur Jean-Noël Jeanneney, qui a écrit de nombreux ouvrages historiques, a imaginé ce dialogue lors de leur emprisonnement en 1944 près du camp de Buchenwald. Jean-Claude Idée, après "Meilleurs Alliés", signe la mise en scène de cette réflexion politique.
Dès l'enfance, il s'est immergé dans le monde politique et artistique. Son père, Philippe Dechartre, était ministre de Charles de Gaulle (il est à l'initiative du statut des intermittents du spectacle), et sa mère, réalisatrice de radio.

Inévitablement, ces deux mondes vont cohabiter tout au long de sa riche carrière, commencée, dès l'âge de huit ans, avec Pierre Larquey pour une émission de radio.

Au début des années 70, il rentre au Conservatoire National Supérieur d'Art Dramatique. Isabelle Huppert, Sabine Azéma, Francis Huster, Jacques Weber, Gérard Caillaud sont quelques-uns de ses camarades de classe.

Très vite, il enchaîne les grands auteurs du répertoire et les grands rôles dans les salles les plus prestigieuses.

Mais l'homme ne se contente pas de jouer. Deux dates sont importantes dans sa carrière. En 1977, il joue « Les Derniers » de Gorki, au théâtre Présent, à la Villette. Jacques Chirac est le nouveau maire de Paris et Marcel Landowski, le directeur des affaires culturelles de la ville. Ce dernier l'incite à créer « Théâtre, Musique et Danse dans la ville ». Des lieux insolites vont accueillir des spectacles dans toute la ville et entrainer un vaste public populaire. Parallèlement, il met en place les théâtres municipaux.

En 1991, il sera nommé directeur du Théâtre 14 et pendant 30 années il va programmer auteurs contemporains et classiques re-visités. La programmation est une réussite et plus de trente spectacles ont une seconde vie dans les théâtres privés.

Mais revenons à « L'Un de nous deux ». « Léon Blum, que j'interprète, est le créateur du parti socialiste (La S.F.I.O). Il admirait Jean Jaurès. On lui doit les congés payés, les 40 heures. Pendant la guerre, il est fait prisonnier par le régime de Pétain. Il est envoyé en déportation. Georges Mandel, homme de droite, ancien bras droit de Georges Clémenceau, le rejoint. Ils sont tous les deux juifs et malgré leurs engagements politiques opposés, ils s'apprécient. Ce sont de grands érudits, ils philosophent sur les contradictions de la République. Pendant leur captivité, la résistance assassine Philippe Henriot, directeur de Radio Paris. Le régime de Vichy décide de faire un exemple, en supprimant l'un des deux prisonniers. Georges Mandel est rapatrié et assassiné par la milice »

Emmanuel Dechartre, après avoir incarné le pape Pie XII, ce qui lui valut les foudres des intégristes, endosse une nouvelle fois un personnage historique majeur. Son père accueillit Léon Blum, à son retour des camps. L'interpréter aujourd'hui doit particulièrement l'émouvoir.
Portrait par Bruno Perroud
Paru le 25/09/2019

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UN DE NOUS DEUX (L') - MANDEL/BLUM   (22 notes)
LE PETIT MONTPARNASSE
Jusqu'au mercredi 11 décembre

TEXTE(S). Juin 1944, une prison en Allemagne. Derrière les barreaux, deux hommes côte à côte, et face à face: Léon Blum, fidèle de Jaurès et chef du Front populaire et Georges Mandel, collaborateur de Clémenceau. La mort immédiate s'annonce, pour l'un d'entre eux... L'intensité de leur dialogue se nourrit d...


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