Connexion : Adhérent - Invité - Partenaire
Accueil Qui sommes nous Nos services Comment adhérer Questions courantes Contactez nous

D.R.


Retour à la maison
La nouvelle comédie sociale décapante de Bruno Martet.
Est-ce vraiment une chance, pour une fille unique d'aujourd'hui qui fait de la télé-réalité, d'avoir eu des parents communistes ?
Bruno Martet,
Comédien pince-sans-rire et auteur grinçant
--------------------
Un peu frustré d'avoir "seulement" fait rire dans Tout baigne, et après le succès de Tant qu'il y aura des arbres, il fait s'entrechoquer dans Retour à la maison la fin du communisme et la télé-réalité. Des personnages émouvants dans une situation cocasse, qui donnent à rire et à réfléchir...

Bruno à la plume, Bob à la scène
Bob jouait déjà dans les précédentes pièces de Bruno, à commencer par Tout baigne (coécrite en équipe), dont Éric Civanyan, le metteur en scène de Retour à la maison, a fait un film. Il endosse ici avec un bel aplomb le rôle du voisin, beauf un peu dépassé, qui suscite le rire à ses dépens mais sait aussi toucher. Bruno Martet ne renie pas le café-théâtre : il s'en nourrit, pour donner à ses pièces ce ton léger et insolent qui extrait d'une situation dramatique le prétexte à éclater de rire - même pour rire jaune...
Retour à la Raison ?
Bruno a été marqué par la peine profonde du père d'un de ses amis, un communiste de longue date qui s'est mis un jour à pleurer en racontant qu'il s'était trompé toute sa vie. Entre la disparition de ces grandes idées (vœux pieux qui ont coûté la vie à des millions d'individus, note-t-il au passage) et la désolante ineptie des nouveaux programmes télé, il campe des personnages perdus dans cette époque de creux, qui se débattent comme ils peuvent dans le tout-artifice ambiant. Où le rire de la satire pourrait bien être la voie vers la raison...



Alain Cauchi,
Le comédien-auteur chez l'auteur-comédien
--------------------
Auteur comme Bruno Martet, et également comédien dans ses propres pièces, il incarne l'une des figures les plus émouvantes de la pièce : un coco pur et dur, taciturne et idéaliste, qui voit, pour son plus grand malheur, sa fille fourvoyée dans la télé-réalité... cornélien !
Il avait obtenu, avec Martin Lamotte, un prix d'interprétation pour Fragile, premier film de Jean-Louis Milesi, le scénariste de Robert Guédiguian. Il aura fallu beaucoup de travail à ce Marseillais d'habitude plutôt grande gueule et à la nature explosive, pour composer ce communiste orthodoxe et taciturne, qui se retient de s'exprimer pendant toute une soirée !
Il a, avec son collègue Bruno Martet, plus d'une affinité : auteur interprétant ses propres pièces, il aime lui aussi les personnages en contraste, et les rencontres-chocs : un parfumeur parisien et ses fournisseurs, paysans provençaux, dans Les Lavandiers ; dans Isidore le Pêcheur, un père macho abandonné par sa femme et son fils homosexuel, et dans Le Passage, un ouvrier parlementant avec le fils du maire en stage.
Ses projets d'avenir ? Monter sa dernière pièce à sept personnages, Les Escargots, dans laquelle une mère méridionale vient voir son fils parisien... Marthe Villalonga chez Sylvie Joly, en quelque sorte !



Bruno Slagmulder,
Le roublard sympathique
--------------------
Il était David Costa, le flic ambigu de Lyon Police Spéciale. Il a tourné sous la direction de de Broca et Ozon. Pour son retour sur les planches, il joue à merveille l'invité-surprise décalé qui tombe comme un cheveu sur la soupe, sans rien perdre de son aplomb ni de son humour. Tout un art de comédien...
Jouer franc jeu, à la ville comme à la scène
Bruno Slagmulder est un homme d'action. Il garde un excellent souvenir des années où il fallait défendre des pièces de création montées avec des copains. Telle Le Démagogue, satire politique jouée une trentaine de fois au théâtre Montmartre-Galabru, alors que la guerre du Golfe décimait aussi les salles de spectacle... Il y campait déjà un personnage un peu trouble, journaliste-enquêteur à la Colombo, un peu crade, mais intègre.
Pendant dix ans, Bruno a beaucoup tourné pour le cinéma et la télévision, dont deux courts-métrages avec François Ozon (X 2000 et Scènes de lit), et trois téléfilms avec Philippe de Broca : Madame Sans-Gêne (il était l'époux d'Emmanuelle Seigner), Y aura pas école demain et Un amour en kit.
Dans Lyon Police Spéciale, feuilleton policier diffusé sur France 2, il était David Costa, flic ambigu, à la fois salaud et chic type... Et dernièrement dans L'Affaire Dominici, de Pierre Boutron, diffusé en octobre sur TF1, il interprète aux côtés de Michel Serrault et Michel Blanc, Gustave Dominici, le fils cadet.
Pour avoir fréquenté les milieux du cinéma et de la télévision, Bruno Slagmulder sait combien le mépris de certaines personnalités du cinéma à l'égard de la télé est peu justifié, lui qui a parfois tourné de bien meilleures choses pour le petit que pour le grand écran !

Retour sur les planches
Sa dernière apparition sur scène remonte à une dizaine d'années, dans Golden Joe d'Éric-Emmanuel Schmitt, une fable sur l'argent, montée au Théâtre de la Porte Saint-Martin, qui n'avait pas été un franc succès à l'époque. Bruno Slagmulder est ravi de pouvoir refaire ses preuves de comédien de théâtre, au surplus dans une pièce dont le sujet lui tient à cœur: la télé. Mais ici dans ce qu'elle a pour lui de pire, la télé-réalité. Il interprète Jimmy, producteur d'une émission qui vient - pour faire remonter l'audience -, de "passer les limites".
Sur le fond, Bruno Slagmulder rejoint Bruno Martet et n'accuse personne : il ne reproche pas à son personnage, issu d'une banlieue difficile, de vouloir gagner de l'argent facile. "Mon boulot, dit Bruno Slagmulder, c'est de défendre mes personnages", et "défendre" au sens technique comme au sens éthique. C'est cette sincérité qui rend Jimmy attachant "quand même" : amoureux de Sylvie (Elsa Kikoïne), la fille de l'émission, on le voit s'amender vis-à-vis des parents de sa copine, et former des projets de vie loin de cet univers.
Pour l'avenir, il souhaite rester sur les planches afin de "défendre" ses talents de comédien — on lui dit "merde" sans plus attendre !
Dossier par Vincent Goupy
Paru le 28/10/2003

-
Haut