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© Catherine Cuany


Pierric Tenthorey
Un artiste des plus éclectiques
Son "Homme encadré sur fond blanc", s'installe pour la première fois à Paris, au Tristan Bernard. Pour ma part, je ne connaissais ni Pierric ni son spectacle. Vous non plus ? Voici de quoi rattraper cet impair...
Né d'une mère alsacienne et d'un père suisse, Pierric se sent bien à moitié français. A moins de 40 ans, il est mime, magicien aux multiples récompenses internationales, comédien et metteur en scène, écrivain, auteur, conférencier, chroniqueur, réalisateur de courts métrages et clips musicaux... ! Dès l'université, Histoire et Esthétique du Cinéma et Psychologie complètent son Master d'Anglais, d'où son mémoire sur Hitchcock et Deleuze (!)... alors qu'il continue à pratiquer théâtre et magie, depuis, respectivement, l'âge de 8 et de 12 ans. Et il lit beaucoup, voit beaucoup de spectacles et de films de Keaton, Chaplin... Tout cela a forgé cet artiste des plus éclectiques.

Si vous n'avez pas eu un aperçu du savoir-faire de ce Champion du Monde (Close-up FISM Grand Prix à Rimini) au "Plus grand cabaret du monde", voici ce qu'il en dit : « Le public connait tous les trucs, alors il faut le surprendre, l'intéresser. Je défends un type de magie sans épate. La magie devient excuse pour faire des gags. Comme un numéro de clown ». Ayant vu cet extrait, je rajouterais « avec élégance » !

Créé il y a douze ans en Suisse, « Homme enfermé sur fond blanc » est encore joué en Europe... et en France où il se partage, fait rare, entre théâtre public et privé.

Aux dires des chanceux qui l'ont découvert à Avignon ou ailleurs, s'il fait résonner les rires, ce spectacle laisse sans voix tant la maîtrise, la grâce et l'agilité de son créateur et interprète fascinent. On y voit un homme tenter de sortir d'une pièce sans issues. Sans paroles mais avec mime, jonglerie, prestidigitation, danse et art du clown, ce « huis clos onirique et comique tout en finesse » semble réveiller notre âme d'enfant tout en nous interpelant sur nous-mêmes.

Qui, mieux que Pierric, pour en parler ? « Avec mon background universitaire sans passé circassien, tout est parti de la tête. C'était un solo très formaliste, un peu pointu, balançant entre diverses influences, de Bob Wilson à Becket. Celles de Pierre Etaix et Jacques Tati se sont invitées. En fait, ça m'a dépassé en tant qu'auteur car il a trouvé son propre cheminement ! Un exemple : je ne savais pas que ce que je faisais était drôle... aussi. Je l'ai découvert en entendant les rires ! Au fil du temps, le public m'a « forcé » à réduire la distance que je pensais garder avec lui. Le personnage s'est humanisé. Il est devenu créatif. Ainsi, le spectacle est devenu positif, malgré l'enfermement. Aujourd'hui c'est un spectacle tout public. Enfants et adultes s'y amusent ensemble, même s'ils ont des niveaux de lecture différents ».

Sait-il que Paris n'est jamais gagné d'avance ? « Ça me plait de travailler sans public conquis. Il y a un jeu entre nous, pour nous caler l'un à l'autre. Il suffit juste d'un peu de curiosité pour venir découvrir ce spectacle ouvert à tous ».
A bon entendeur...
Portrait par Caroline Fabre
Paru le 24/06/2019

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