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Point de mire : Christian Garcin

Christian Garcin possède une très haute vue de la littérature. C'est peut-être la raison pour laquelle il a choisi de vivre à Marseille, face aux souffles du large plutôt qu'aux courants d'air de Saint-Germain-des-Prés. Car de ses phrases - tissées dans un style d'une grande pureté, à la fois recherché et souple, pointu et fluide - se dégage une impression de liberté, de calme, presque d'isolement. Isolement sans doute propice à l'écriture puisque l'auteur publie, cette année, pas moins de trois ouvrages.

Tout d'abord, un essai Labyrintes et Cie au sein duquel, s'appuyant sur son propre plaisir de lecteur, il lance des passerelles entre les œuvres de Kafka, Borges, Lobo Antunes, Volodine, Montale, Thomas... Constitué de textes critiques écrits durant les dix dernières années, il s'agit d'un véritable hymne à ce que l'auteur nomme les "écritures verticales", écritures denses et essentielles qu'il oppose au "totalitarisme soft et gélatineux (...) promu par le pouvoir des médias". De façon tant charnelle qu'intellectuelle, il nous ouvre ici la porte de ses émotions littéraires. (Verdier, 74 p., 10 €)

Dans Fées, diables et salamandres, recueil de nouvelles fantastiques, l'écrivain nous mène cette fois-ci, au-delà des apparences, dans le monde des doubles et des rêves éveillés. Entre illusions et réalités, il donne vie à des êtres qui, souvent, écrivent et se cherchent. (Champ Vallon, 118 p., 12 €)

C'est également le cas dans L'Embarquement, roman polyphonique dans lequel le personnage central erre, se sent menacé "de standardisation, d'animalisation, de marchandisation". Fuyant sa vie, il parcourt l'Europe avec pour certitude que "l'art seul peut sauver le monde". (Gallimard, 187 p., 12 €)

Des livres:

La Presque Reine
de Pascal Lainé
Roman historique Née en 1743 d'une certaine Anne Bécu, la beauté de Jeanne du Barry était, selon les dires de ses contemporains, au-delà des mots. Coquette et frivole, très tôt entrée "en galanterie", la dernière favorite de Louis XV exprima, jusqu'à la fin de ses jours, un besoin quasi compulsif de se sentir aimée et désirée. Principalement composé de lettres et de mémoires de personnages de l'époque, ce roman historique rend avec précision et sensibilité les différents épisodes de la vie de la courtisane. Épisodes qui la conduisirent, d'amant en amant, jusqu'aux affres de la terreur révolutionnaire.
Éditions de Fallois, 303 p., 19€.

Un amour qui s'étiole
de René Vázquez Díaz
Roman - "Cuba, c'est un modeste hameau où chante un coq, où la volonté d'un peuple a appris à se manifester, coincée entre la rivière, les dents de chien et les torpeurs du mois d'août." Il y a quelque chose de picaresque dans ce dernier volet de la trilogie romanesque de Vázquez Díaz. Une multitude de personnages, baroques, très contrastés, prennent part aux périples et habitent les pensées d'Oracio, jeune noir schizophrène ballotté entre ses pulsions, ses désirs et le regard qu'il porte sur ce qui l'entoure. Après L'Ère imaginaire et L'Île du Cundeamor, l'auteur cubain (vivant en Suède) compose, sous forme de monologue, un roman éclatant. À travers une langue puissante et imagée, c'est le Cuba des années 1990 qui est ici dépeint, société autant composée des cubains de "l'intérieur" que des expatriés vivant à Miami. Car en trame de fond se dessine une question essentielle : rester ou fuir le régime castriste.
Traduit de l'espagnol (Cuba) par Bernard Michel, José Corti, 414 p., 22 €.

Le Théâtre du peuple
de Romain Rolland
Essai -
Les Éditions Complexe inaugurent une nouvelle collection dirigée par Chantal Meyer-Plantureux, "Le Théâtre en question", destinée à la publication de textes inédits ou introuvables ayant ouvert la voie au théâtre contemporain. Après Le Naturalisme au théâtre d'Émile Zola, voici Le Théâtre du peuple, essai de Romain Rolland, édité pour la première fois en 1903. Celui qui allait obtenir le Prix Nobel de littérature en 1915, lance les bases théoriques d'un théâtre nouveau, véritablement destiné au peuple. Cinquante ans avant Jean Vilar, il repense totalement l'accès aux salles et aux pièces. Romain Rolland rédige des lois morales et matérielles (le théâtre doit être une source de délassement, d'énergie, une lumière pour l'intelligence...) visant à révolutionner l'art dramatique et par là même la société.
Éditions Complexe, 192 p., 19,90 €.

Et aussi...

Chanter n'est pas jouer
de Jean Guidoni
Autobiographie - De Marseille à Paris, Jean Guidoni livre un parcourt fait d'aventures nocturnes, de tourments et de chansons. Ces confessions suivent la parution d'un Long Box, coffret de 4 CD regroupant les succès de l'artiste rebelle.
L'Archipel, 320 p., 19,95 €.

Théâtre complet 8
de Michel Vinaver
Théâtre - L'Objecteur, 11 septembre 2001, Les Troyennes (d'après Euripide). Tel est le programme du nouveau volume du Théâtre complet de Vinaver. À noter le texte relatant la destruction des Twin Towers (écrit en américain, proposé en version bilingue). Composé d'airs, de parties chorales et de récitatifs, 11 septembre 2001 a été conçu comme un oratorio. Prochain rendez-vous en 2004 avec la parution du volume 1 chez Actes Sud.
L'Arche, 248 p., 19,50 €.

Danger... public
de Frédéric Sabrou
Théâtre - Sous des airs assez tranquilles de petite comédie, cette pièce pose le problème de la récupération de l'art par les mouvements politiques, et plus précisément par l'extrême droite. L'artiste doit-il s'engager et jusqu'où doit aller son engagement ? L'auteur, judicieusement, nous laisse nous faire notre propre opinion...
L'Avant-Scène Théâtre, 94 p., 10 €.
Dossier par Manuel Piolat Soleymat
Paru le 15/09/2003

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