Connexion : Adhérent - Invité - Partenaire
Accueil Qui sommes nous Nos services Comment adhérer Questions courantes Contactez nous

D.R.


Martyne Visciano et Bruno Chapelle
Un remède contre le blues !
Leur nouvelle pièce, "Daddy blues", se donne à la Michodière en octobre.

On connaissait les comédiens, les auteurs peut-être moins... Martyne Visciano, après avoir joué trois ans "Court sucré ou long sans sucre", et Bruno Chapelle, longtemps à l'affiche de "Monsieur chasse", avec Chevallier et Laspalès, et de "Poulard et Fils", se retrouvent pour écrire une comédie : "Daddy blues".
Vos chemins ne cessent de se croiser...
Martyne Visciano : Ce n'est pas notre première collaboration. Nous avons déjà travaillé pour la télévision, mais c'est la première fois que nous écrivons une pièce ensemble. C'est une nouvelle façon de travailler. Nous sommes tous les deux comédiens, et nous avons la chance de posséder le don d'écrire en plus. J'avais déjà coécrit une pièce pour Martin Lamotte qui s'est jouée au Splendid, Le Couple infernal, et une autre que je monterai bientôt.

Bruno Chapelle : J'ai commencé au café-théâtre, et je mène de front l'écriture et le jeu. Avec Martyne nous avons un peu le même parcours : nous avons pris conscience que nous pouvions aussi écrire.

Écrire à deux, ce n'est pas facile. Quelle est votre méthode ?
M.V. : Avec Bruno notre technique est très au point ! Nous avons notre sujet, un plan, et nous travaillons en double écriture, chacun rédigeant quelques scènes de son côté. On se retrouve et l'on confronte nos idées pendant un mois, puis on repart dans notre coin, on réécrit et, finalement, on se cale, on trouve le ton juste. C'est assez ahurissant mais on est en accord ! Après la lecture menée avec les comédiens nous procédons à quelques retouches. On peut toujours améliorer !

L'adoption, n'est-ce pas un thème trop sérieux pour un spectacle de divertissement ?
B.C. : Il s'agit d'un couple qui veut adopter un enfant et le jour où l'enfant tant attendu arrive, la femme quitte son mari ! C'est donc un drame, mais qui devient comédie dès lors que le mari va tout imaginer pour garder cet enfant. Cela devient dantesque. On s'amuse à créer des effets comiques au regard d'une vraie problématique. J'aime l'écriture qui amène au rire. Nous créons des personnages qui partent dans leur folie et nous y emmènent.

M.V. : On ne cherche pas l'effet pour l'effet, on décale une situation pour qu'elle fasse rire. C'est toujours facile de tirer les choses vers le bas, je trouve plus intéressant d'amener les gens au rire sans jamais être vulgaire. Pour cela, Bruno c'est vraiment Monsieur Vaudeville.

Pensiez-vous à Martin Lamotte en écrivant ?
M.V. : Nous pensions plutôt à un type de comédien capable de jouer cela, Martin en faisait naturellement partie.

B.C. : Il appartient à ces comédiens qui m'ont toujours fait rire comme de Funès et Bourvil, mais les deux autres n'étaient pas libres !

Que pensez-vous de la créativité dans le théâtre de divertissement ?
B.C. : Il y a des auteurs, mais trop peu de directeurs de théâtre font appel à eux. Ils vont plutôt chercher une pièce qui tourne bien à l'étranger ou dans le répertoire et qu'ils font adapter par une vedette. C'est aller vers la sécurité. Bien sûr, il est plus dangereux de faire une création d'un auteur contemporain. En général, je monte moi-même les pièces que j'écris, parce que si j'attends qu'on les monte, personne ne le fera, il n'y a pas de structures pour cela. Je me fais alors moi-même producteur. Dans le privé, les metteurs en scène ont un peu pris le relais des producteurs, car ils ont les connexions avec les comédiens pour monter une affiche.

M.V. : On tient d'ailleurs à tirer un coup de chapeau à Jacques Crépineau, directeur du Théâtre de la Michodière, qui lui, prend le risque de monter la pièce de deux "jeunes" auteurs. Ce n'est pas si fréquent.

B.C. : N'oublions pas Éric Civanyan, le metteur en scène, qui a été pour le montage de Daddy blues le véritable maître d'œuvre. Maintenant nous n'avons plus qu'un souhait, que le public adopte notre bébé.
Interview par François Varlin
Paru le 15/09/2003

-
Haut