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© Bruno Perroud


Anne-Marie Lazarini
Les Rivaux
Après « Probablement les Bahamas » et « Audience et vernissage», la directrice de l'Artistic théâtre nous invite à une plongée dans l'humour anglais du XVIIIe siècle avec cette nouvelle traduction de la première pièce de Richard Brinsley Sheridan.
Pourriez-vous nous présenter ce Goldoni irlandais... qui fut aussi un homme politique ?
Richard Brinsley Sheridan est le fils d'un directeur de théâtre et d'une mère écrivain. Ce jeune homme romanesque rêve de théâtre, enlève sa future femme, se bat en duel et écrit sa première pièce, "Les Rivaux", à 24 ans. Quelques chefs-d'œuvre plus tard - ("L'École de la médisance" (1777) notamment -, il quitte le théâtre pour entrer comme député au parlement britannique dont il devient l'un des plus fameux orateurs.

Pour quelles raisons avez-vous été séduite par son écriture ?
C'est avant tout l'écriture de «l'esprit» (le fameux wit anglais): légèreté dans les dialogues, personnages hauts en couleur, reprise d'une tradition burlesque, chère à Shakespeare. Il y a, à travers sa verve et son humour, l'intelligence d'un dramaturge à l'écriture magique !

Que raconte « Les Rivaux » ?
Lydia, jeune fille fantasque, est persuadée de vivre - contre l'avis de sa tutrice Mrs Malaprop - une idylle romanesque avec Beverley, un militaire sans le sou. Derrière celui-ci se cache en réalité Jack Absolute, futur héritier, qui savait qu'il gagnerait son cœur en lui promettant l'aventure. Mais Sir Anthony Absolute, son père, vient alors l'informer de son projet de le marier ! L'intrigue des "Rivaux" ne serait sans doute pas allée jusqu'à la provocation en duel si Sheridan n'avait mêlé à ces caractères une paire de valets, deux autres prétendants à la belle et un second couple d'amoureux... tous concourant à leur manière - et par le rire - à la nouer et la dénouer !

Quelles thématiques ce sujet permet-il à Richard Brinsley Sheridan d'aborder ?
C'est avant tout une comédie. Mais au-delà de sa drôlerie irrésistible, la pièce soulève quelques questions curieusement très pertinentes aujourd'hui. Pour les deux héroïnes, il y a ce désir de liberté, la volonté d'être maîtresses de leur destin, mais aussi la question du renoncement à l'illusion d'un monde romanesque, rêvé, pour accepter la réalité du monde.

Sur quel plateau avez-vous choisi de faire évoluer votre troupe ?
La pièce se déroule à Bath, ville d'eau frivole et provinciale : propos légers, tourbillon de quiproquos, on court d'un salon à un autre... Comme pour un théâtre de tréteaux, François Cabanat, le scénographe, a créé un décor fait de légers rideaux peints qu'on ouvre, déplace, traverse, passant d'un lieu à un autre avec légèreté et rapidité, dehors, dedans... Nous allons tenter de faire entrer le spectateur dans le charme et l'humour de cette seconde moitié du XVIIIe siècle anglais. Libérer un rire qui peut s'accompagner d'un regard aigu sur cette société de nobles provinciaux, futile, irritante parfois, et pourtant pleine de séduction
Interview par Alain Bugnard
Paru le 07/03/2019

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