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D.R.


Un Picasso
Au studio Hébértot
Quand un artiste doit authentifier ses oeuvres sous peine...
En 2011, Sylvia Roux est à Los Angeles et découvre l'oeuvre de Jeffrey Hatcher, «A Picasso». Emballée par le texte, elle désire monter la pièce en France et propose à Jean-Pierre Bouvier d'interpréter le maître. Sept ans de réflexions plus tard le spectacle est enfin sur une scène parisienne. L'action se situe en 1941. Picasso est convoqué par Mademoiselle Fischer, attachée culturelle allemande. Un rapport de force va s'engager entre les deux protagonistes. La mise en scène est assurée par Anne Bouvier. Une occasion de rencontrer la fille et le père dont les carrières cohabitent et se rejoignent parfois autour de projets communs.
Depuis sa sortie du conservatoire en 1975, Jean Pierre Bouvier est omniprésent sur les scènes théâtrales, à la télévision et au cinéma. Un parcours d'une grande richesse avec pour mentor Jean-Paul Roussillon, qui fut son professeur et qui lui a tout appris. «Je garde un merveilleux souvenir du Conservatoire grâce à lui» conclut-il.


Jean-Pierre Bouvier


Lors d'un atelier d'élèves de troisième année, il met en scène 42 élèves dans «Lorenzaccio», le spectacle triomphe au Conservatoire, en Avignon, à l'Espace Cardin puis à l'Athénée. Suit «Ruy Blas» de Victor Hugo, même succès. Il fonde sa compagnie, mais non subventionné, les dettes s'accumulent.

En 1978, à l'Espace Cardin, apparait dans sa loge une grande dame du cinéma «Bonjour, je suis Michèle Morgan, je vais jouer une pièce de Françoise Dorin à la rentrée au Palais Royal, où je n'ai pas le premier rôle. L'auteur et Jean-Michel Rouzière cherchent un jeune homme pour mon partenaire et j'aimerais que ce soit vous». Cette rencontre sera et reste décisive.

A la générale du «Tout pour le tout», la profession l'ovationne. Le lendemain, France Soir titre «Il a gagné». Dans les quinze jours qui suivent, il signe pour quatre années de contrats télé et cinéma. Ce qui lui permettra de renflouer les caisses de sa compagnie et de continuer cette aventure qui lui tient à coeur. Plus de cent films suivront et des nominations à des prix d'interprétation prestigieux (Prix Gérard Philippe et Molière 2017).

Dans les années 80 et 90, la télévision va lui offrir des rôles principaux dans de grandes séries qui vont l'emmener aux quatre coins du monde : «La Nouvelle malle des Indes» de Christian-Jaque (9 mois de tournage) ou encore «Bonne espérance» une série sur l'apartheid, en Afrique du sud.

Dans la pièce «Un Picasso» il incarne le mythique artiste aux 100 000 oeuvres. Peu de documents visuels existent sur l'homme, à part une interview à l'INA et un film réalisé par Henri-Georges Clouzot «Le Mystère Picasso» de 1955. Il lit tout ce qu'il peut.

«Avec cet artiste hors norme, il a fallu construire mon personnage comme un puzzle. En 1941, Picasso n'avait pas ce visage à la tonsure prononcée. Pendant huit mois avec ma coiffeuse, nous nous sommes approchés au plus près de son image. Pour mes rôles, j'ai une règle, je ne juge jamais les personnages que je joue. Pour Picasso, il y avait une clé à trouver, son rapport à la femme, à la peinture, à la sculpture, à la terre, il fallait évaluer aussi son côté manipulateur. En cela, le livre de Françoise Gilot, sa compagne, m'a beaucoup aidé...».


Anne Bouvier

Fille unique de l'acteur Jean-Pierre Bouvier, Anne, d'année en année, construit méticuleusement sa carrière, menant simultanément interprétation et mise en scène. Actuellement, trois productions sont à l'affiche à Paris : «Mademoiselle Molière», où elle interprète la compagne de l'auteur au Rive Gauche et deux mises en scène «L'ombre de la Baleine» avec Michael Chirinian, avec qui elle partage une vraie complicité et, au théâtre Lepic, «Un Picasso».

C'est pourtant une élève timide qui débute à l'école du «Passage» de Niels Arestrup. Suit un court passage chez Périmony où elle découvre «Retour au desert» de Jean-Marie Koltes. Scène fétiche qu'elle passera à son entrée et à sa sortie du Conservatoire. Ce qui lui permettra de rencontrer Patrice Chéreau et Philippe Calvario. Philippe la dirigera plus tard dans «Roberto Zucco», «Richard III» et «Le jeu de l'amour et du hasard».

Au Conservatoire,Catherine Hiégel, Muriel Mayette et Catherine Marmas sont ses professeurs. Avec son camarade de promotion Guillaume Gallienne, elle va tisser un lien amical et professionnel qui se concrétise par de nombreuses collaborations dont un rôle dans «Marylin», son dernier film.

Professeur à son tour pendant un an, au cours Florent, elle encourage les talents d'écriture d'un jeune élève Hadrien Raccah et met en scène deux de ses textes. Avec cette nouvelle expérience, la mise en scène s'impose comme complément indispensable au jeu.

Dans ses projets, Anne travaille sur un spectacle autour de la relation entre Himler et son masseur finlandais Felix Kersten qui permit de sauver de nombreux juifs. A suivre avec attention..
Dossier par Bruno Perroud
Paru le 23/01/2019

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