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© Fred Chapotat


Yolande Moreau
Prévert, au Rond-Point
Jusqu'au 10 février et avec la complicité de Christian Olivier (de la formation musicale des Têtes Raides), Yolande Moreau nous entraîne dans l'univers burlesque de ce génie des mots qu'était Jacques Prévert et nous invite à découvrir ou redécouvrir quelques-unes de ses plus belles "Paroles".
Que représente Prévert à vos yeux ?
Mon premier contact avec lui remonte à l'adolescence quand je faisais de la déclamation. J'adorais ses textes, notamment "Adrien". L'année dernière, tout à fait par hasard, j'ai rencontré Christian Olivier en Suisse lors d'une soirée événement autour de Prévert où nous avions été invités à participer. Il avait mis en musique plusieurs de ses poèmes. J'ai, pour ma part, lu des extraits de textes, un peu chanté. Ce très joli moment, au départ unique, a finalement été le départ d'une nouvelle aventure ! Je me suis dès lors replongée dans ses écrits pour étoffer notre répertoire. J'ai, bien sûr, retrouvé ses classiques mais aussi découvert des textes que je ne connaissais pas, aux consonances anarchistes, rebelles ! C'est un poète terriblement d'actualité ! Il nous touche en plein cœur. Chacun de ses mots résonne en nous et il arrive à tout dire, en très peu de mots. Il nous parle de Dieu, de pauvreté, de chasse à l'enfant... C'est à la fois absurde, drôle, grinçant. Je n'avais pas fait de théâtre depuis longtemps et Prévert m'a donné envie de remonter sur scène. Christian et son équipe également car j'aime leur travail artistique et ce qu'ils représentent humainement. Nos univers se sont bien imbriqués !

À brûle-pourpoint, pourriez-vous nous citer un ou deux vers qui vous touchent particulièrement ?
Je dirais "Quand le vent noir du grand savoir / Emportera la dernière plume du dernier oiseau / La Terre éclatera en sanglots." et "Vous êtes riche et vous voudriez être aimé comme un pauvre. Et les pauvres, on ne peut quand même pas tout leur prendre aux pauvres !".

Quelle atmosphère avez-vous choisie pour retranscrire l'univers du poète ?
La mise en scène est assez sobre. C'est un spectacle artisanal avec trois musiciens polyvalents qui jouent de l'accordéon, de la trompette, de la flûte à bec, de la guitare, du piano. Ils sont en ombres chinoises. Nous travaillons sans metteur en scène, utilisons les lumières comme au théâtre et j'ai commandé une robe spéciale à une costumière ! J'avoue que je me fais plaisir en vieillissant ! Cela m'amusait de renouer avec le bon vieux temps des spectacles de Deschamps dans lesquels nous chantions tout le temps ! Mais ça va s'arrêter là, je n'ai pas l'intention de faire un disque !

Qu'en est-il de votre actualité cinématographique ?
Fin janvier, je serai à l'affiche des "Estivants" de Valéria Bruni-Tedeschi et en mars, des "Rebelles" d'Allan Mauduit. Je m'apprête également à retrouver Martin Provost qui m'avait dirigée dans "Séraphine" pour une nouvelle aventure cinématographique avec Juliette Binoche et Noémie Lvovsky.
Interview par Alain Bugnard
Paru le 02/02/2019

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