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Geneviève Casile dans "Bérénice"
D.R.


La belle mémoire.
Geneviève Casile revient sur scène au théâtre Hébertot. Pas si classique !
Le théâtre, le théâtre et le théâtre. Malgré de nombreuses apparitions à la télévision, c'est bien sur scène que s'est construite la carrière de Geneviève Casile. Et pas n'importe laquelle : celle de la Comédie-Française dont elle fut, trente-deux ans durant, l'un des piliers. Aujourd'hui, loin des rôles classiques de la grande maison, elle est la vedette de "La Belle Mémoire" de Pierre-Olivier Scotto et Martine Feldmann.
"Je ne supportais plus les murs, je ne supportais plus ma loge qui était pourtant magnifique, j'en étais venue à détester le buste de Molière dans le hall. C'était physique, comme une maladie de peau. Je ne me suis toujours pas expliqué ce qui s'est passé. Mais il fallait que je parte." C'était en 1993, la grande césure de la carrière de Geneviève Casile, son départ de la Comédie-Française après un long et prestigieux séjour de trente-deux années durant lesquelles elle enchaîna les grands rôles, les auteurs prestigieux, "souvent des femmes assez graves, avec pas mal de couronnes ", dit-elle en souriant même, si elle précise aussitôt "j'ai joué aussi des choses drôles".

"Profondément, j'appartiens au répertoire classique. J'aime les grands textes", avance-t-elle pour expliquer la fréquentation intensive de Molière, Corneille, Rostand, Montherlant, Musset, Marivaux, Hugo, Racine ("mon préféré"), Bernanos, Pirandello ou Genet qui forment l'essentiel de son travail au Français. Au point d'être aujourd'hui encore identifiée à cette grande maison : "Bien sûr, c'est toujours vivace. On ne renie pas un tel parcours, on ne peut pas effacer tous ces rôles, toutes ces rencontres. Ni pour moi ni pour le public."

Rien pourtant ne prédisposait Geneviève Casile à ce cheminement. "Je n'ai jamais voulu faire de théâtre. J'ai fait des études musicales, du piano, j'avais un bon niveau mais pas une passion suffisante. Par contre, j'adorais la danse. Et comme j'avais un joli physique, j'ai très vite travaillé, avec Roland Petit et Maurice Béjart. J'ai fait aussi un peu de mannequinat à l'époque. C'est ma mère, qui était comédienne, qui m'a envoyée au cours de René Simon. Je suis entrée au Conservatoire. J'avais des dons naturels, je crois, une justesse de ton, et lors de ma troisième année, j'ai obtenu trois premiers prix qui m'ont fait entrer directement au Français. C'était une troupe extraordinaire alors..."

Très vite, en parallèle, elle fait ses premiers pas à la télévision. Une adaptation de La Reine morte lui vaut un beau succès et des propositions qui affluent, dont le personnage de l'inflexible Isabelle dans Les Rois maudits.

En revanche, ses incursions au cinéma restent rares. "J'ai la sensation de quelque chose qui n'est pas complet, dit-elle. Car faire du cinéma, pour une artiste, c'est une chose assez normale. Mais il n'y a pas de hasard : il faut une véritable envie. Là-dessus, je suis un peu flemmarde. Si demain j'avais le choix entre un grand texte au théâtre et un beau personnage à l'écran, je prendrais le cinéma, car là, il y a un manque." Avis aux réalisateurs... En attendant, et alors qu'elle caresse aussi l'espoir de passer à la mise en scène, c'est bien sur les planches que Geneviève Casile fait sa rentrée avec La Belle Mémoire : une comédie dramatique où elle interprète une concertiste annonçant à sa famille qu'elle est contrainte d'abandonner sa carrière car elle est atteinte de la maladie d'Alzheimer. Un personnage en demi-teinte pour lequel elle s'est remise au piano...
Portrait par Didier Roth-Bettoni
Paru le 01/10/2003

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