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D.R.


Comédies musicales: "Tintin"
“Tintin – Le Temple du Soleil”
au château de Moulinsart !
Voici sans doute l'une des comédies musicales les plus ambitieuses ayant jamais été montées en France. Jugez plutôt : un espace de 3 000 places (représentant le célèbre château du Capitaine Haddock) spécialement bâti pour l'occasion, un orchestre de 16 musiciens installé sous la scène, 40 comédiens, 64 décors différents... Construit à partir des albums "Les 7 Boules de cristal" et "Le Temple du Soleil", ce spectacle a été créé en flamand à Anvers, puis adapté en français à Charleroi, avant de s'installer à la Porte d'Auteuil. L'adaptateur Didier Van Cauwelaert, le comédien Vincent Heden et le producteur Jacques Marouani nous parlent de cet événement.
Didier Van Cauwelaert :
adaptateur pour la version francophone

Romancier à succès (prix Goncourt 1994 pour Un aller simple), auteur de pièces de théâtre, de scénarios pour le cinéma et la télévision, Didier Van Cauwelaert est un touche-à-tout de l'écriture. Sa première comédie musicale, Le Passe-Muraille (musique de Michel Legrand) a été couronnée de 3 molières en 1997.

Qu'est-ce qui vous a donné envie de participer au projet de "Tintin" ?
D'abord, il faut dire que l'adaptation en français d'une œuvre étrangère est le type même de proposition à laquelle j'ai tendance à dire non ! Je préfère consacrer du temps à mes propres écrits... Mais quand on m'a dit que c'était une adaptation du flamand au français, ça a évidemment touché ma belgitude.

Car vous êtes d'origine flamande...
Oui et cette langue est vraiment une langue d'enfance pour moi, que j'apprenais tout seul à Nice, pour me singulariser. Mais avant de dire oui, il fallait évidemment que j'entende la musique et qu'elle me plaise.

C'était, pour vous, la condition sine qua non ?
Absolument, il fallait que la musique me parle de façon immédiate. Et ça a été le cas ! La musique de Dirk Brossé m'a plu à la première écoute. Et puis, j'ai rencontré Frank Van Laecke, le metteur en scène, qui m'a fait voir les croquis du spectacle. Là, je me suis dit : ces gens sont fous ! Je n'avais jamais vu une mise en scène aussi dingue ! Aucun théâtre de Paris ne pouvait accueillir le spectacle tel qu'il est aujourd'hui.

C'est pour cela que l'on a dû construire l'Espace Tintin ?
Oui. Il n'y a aucun noir durant le spectacle, donc il fallait que les décors se plient sur le côté, montent dans les cintres, se plient derrière... Une société canadienne a mis au point un système de cinquante perches automatiques ! C'est une première mondiale !

Concrètement, en quoi a consisté votre travail d'adaptation ?
L'adaptation de l'album avait déjà été faite par Frank Van Laecke et Seth Gaaikema. Moi, j'ai réécrit les dialogues et les chansons. L'esprit flamand est très différent de l'esprit français, c'est beaucoup plus lyrique. On a rajouté une chanson, on en a supprimé une autre, on a créé quelques nouveaux effets comiques, mais à part cela, très peu de choses ont bougé.

Vous y avez tout de même apporté votre univers...
En effet, il y a des choses sur l'humour, notamment le traitement des personnages féminins, qui n'étaient pas dans la version originale : la manière dont on traite l'infirmière, la Castafiore... Mais ces libertés restent en accord total avec l'esprit d'Hergé.

Vincent heden
Dans la peau de Tintin...
Les Années Twist, Chantons sous la Pluie, Titanic, Concha Bonita... Vincent Heden est loin d'être un débutant. Pourtant, en incarnant le célèbre héros d'Hergé, il obtient son premier grand rôle dans une comédie musicale de cette envergure.

Comment avez-vous été choisi pour interpréter le rôle de Tintin ?
C'est au cours d'une des représentations de Titanic de Maury Yeston, à l'Opéra Royal de Wallonie de Liège, que l'équipe de Tintin m'a vu pour la première fois sur scène. Six mois plus tard, ils me demandaient, comme à beaucoup d'autres, de venir auditionner pour le rôle de Tintin. La suite, vous la connaissez !

Étiez-vous un "tintinophile" avant ce spectacle ?
Pas vraiment, dans le sens où je n'étais pas un érudit de Tintin et de ses aventures. Pour moi, Tintin, c'était la douceur des vacances que je passais, enfant, chez mes grands-parents. De nombreuses journées se terminaient sous les draps à dévorer les albums du célèbre reporter. Souvenirs, souvenirs...

Quel portrait pourriez-vous brosser de Tintin ?
C'est le héros par excellence ! Jeune, vif, volontaire, courageux, intelligent, généreux, fidèle... Tintin, c'est l'ami que l'on rêve d'avoir, le grand frère protecteur, le sauveur inespéré, et l'ennemi redoutable pour tous ceux qui n'ont pas choisi le bon camp ! J'apprécie le "message d'amour universel" que véhiculent ses albums : son amitié n'a pas de frontière.

Quelle est, selon vous, la principale réussite de "Tintin et le Temple du Soleil" ?
Ce spectacle a été pensé et réalisé selon la grande tradition du "musical" anglais ou américain. Il s'agit, avant tout d'un spectacle visuel. J'espère vraiment que cette aventure ouvrira en grand d'autres portes à la comédie musicale en France, jusqu'ici uniquement représentée dans sa version "pop-variété". Avis à nos chers producteurs hexagonaux !

Jacques Marouani, producteur :
"Ce soir-là, j'ai eu un choc !"

"Un jour, un ami producteur belge m'a téléphoné pour me dire qu'il allait voir à Anvers, le soir même, un spectacle exceptionnel : "Tintin", en comédie musicale, en flamand. J'ai décidé de m'y rendre avec lui. Et, bien que je ne comprenne pas un mot de cette langue, j'ai trouvé ça hors du commun ! Immédiatement après la représentation, j'ai fait des propositions aux producteurs belges. La version française était déjà en cours d'adaptation pour Charleroi. Vous savez, je suis un vrai fan des comédies musicales, et ceci depuis très longtemps. Je suis vraiment habitué à voir ce qui se fait de mieux au monde, à Londres, aux Etats-Unis... Pourtant, ce soir-là, là j'ai eu un choc ! Tout est en direct, les effets spéciaux sont impressionnants, la Castafiore est une vraie chanteuse lyrique... Par rapport à ce qui se voit d'ordinaire en France, on est vraiment dans un autre monde !"
Dossier par Manuel Piolat Soleymat
Paru le 15/09/2003

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