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Mélanie et Frédéric Biessy
D.R.


Ouverture du théâtre de La Scala
Frédéric Biessy
Rachetée en 2016 par Mélanie et Frédéric Biessy, la fameuse salle du 13 boulevard de Strasbourg vient de rouvrir ses portes pour une programmation éclectique.
Quel fut votre parcours ?
À 22 ans, j'ai monté ma compagnie, "Les Petites Heures", qui est devenue ma maison de production. Mon ambition était d'essayer de recréer l'esprit des salons littéraires du XIXe siècle. J'ai toujours été impressionné par quelqu'un comme George Sand qui réussissait à faire traverser la France, en trois jours et trois nuits, en fiacre, à des gens comme Flaubert ou Chopin, pour les enfermer dans une maison pendant trois mois où ils se racontaient des histoires! C'est ainsi qu'ont jailli la grande littérature et la grande musique du XIXe. Ces salons obligeaient des artistes de tous bords à se rencontrer et à créer un mouvement, une pensée beaucoup plus riche que le cloisonnement, assez fort, auquel on assiste aujourd'hui. Producteur privé n'accompagnant que des artistes du public, mon travail consistait à faire se rencontrer des artistes et de les entraîner dans des aventures inhabituelles. J'ai l'intention d'utiliser la Scala comme « une chambre de combustion », un « accélérateur de particules » !

Pourriez-vous nous retracer l'histoire mouvementée du lieu ?
La Scala est LE lieu éphémère par excellence : elle renaît de ses cendres tous les 50 ans ! En 1873, c'était un café-concert que sa propriétaire avait conçu comme une réplique de l'opéra de Milan. Son succès fut immédiat et c'est ici qu'ont débuté Mayol, Max Dearly ou Mistinguett. En 1936, la salle a été transformée en cinéma... qui est devenu un cinéma porno en 1977 ! En 1999, elle a failli être transformée en Église baptiste mais la municipalité s'y est opposée. Lorsque nous l'avons rachetée, il y avait tous les stigmates de son passé sur les murs. Nous avons décidé de créer «une boîte dans la boîte» et d'en faire un théâtre entièrement modulable. Pour cela, nous avons fait appel à Richard Peduzzi qui a réussi à en faire un théâtre transformable à souhait !

Quel théâtre pour la Scala ?
Je suis un fan de théâtre public mais j'ai aussi vu des choses formidables dans le privé. Je ne vais pas renier l'Histoire : nous devons énormément au privé. Il met les spectacles à l'épreuve sur la durée, ce qui n'est pas rien. Le subventionné, au contraire, donne la capacité aux artistes de travailler avec des équipes plus importantes sur des spectacles plus aboutis. La Scala est une sorte de compromis puisqu'elle va permettre à des spectacles publics de travailler sur une durée beaucoup plus longue. La programmation a été éléborée avec Pierre-Yves Lenoir. Nous avons essayé de répondre à un besoin de liberté pour les artistes puisque nous serons les seuls maîtres à bord. Et au droit de choisir pour le public : les théâtres se sont beaucoup spécialisés et je pense que c'est une erreur. Plus le public a de choix, plus son libre-arbitre se développe. Et le public parisien va tout voir. Pourquoi ne pas tout faire dans un même lieu? (Danse, théâtre, musique, cirque, etc.) Avec, en prime, un restaurant et un bar pour lui donner envie de rester et de croiser des artistes !
Interview par Alain Bugnard
Paru le 25/11/2018

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