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Thierry Lopez
© Svend Andersen


Ich bin Charlotte
Histoire d’une âme berlinoise transgenre libre
Écrite par Doug Wright et adaptée par Marianne Groves, «Ich bin Charlotte» retrace l'histoire de Charlotte von Mahlsdorf, de son vrai nom Lothar Berfelde, une collectionneuse transgenre née dans les années 1930 et fondatrice du Gründerzeit Museum de Berlin. Dirigé par Steve Suissa, Thierry Lopez incarne totalement Charlotte pendant 1h10 avec grâce et prestance.
Seul sur scène, Charlotte nous accueille dans son musée d'antiquités à Berlin, déménagé pour un soir au Théâtre de Poche-Montparnasse. Une vieille commode amovible, un divan, un écritoire et deux phonographes suffisent à créer l'illusion. Nous ne sommes plus à Paris mais à Berlin au milieu du XXème siècle. Dans un univers à la fois sombre et chaleureux, Charlotte se met alors à raconter sa vie trépidante. Une enfance aux côtés d'un père nazi violent, mais aussi d'une tante à laquelle Lothar pique ses jupes, il s'affirme femme et devient Charlotte dès ses 16 ans, n'en déplaise au Troisième Reich. Outre cette volonté de liberté, Charlotte a une passion : la collection. Elle cumule au cours de sa vie les objets laissés par les victimes du nazisme, puis du communisme. Sur sa route, elle rencontre deux journalistes américains, fascinés par son personnage, qui n'aurait jamais dû réussir à traverser la guerre. Comment a- t-elle pu résister à Hitler puis au communisme ?

Charlotte ne tient pas seulement le musée Gründerzeit, elle est un musée. Mais entre les dossiers de la Stasi et les récits de Charlotte, la vérité se noie dans le mystère de cette femme. A-t-elle collaboré avec la police communiste et dénoncé Albert, son amour aussi passionné qu'elle par les antiquités ? Quel est le rôle de cette berlinoise, tantôt adulée puis désavouée par sa ville natale ? Le mystère est tout entier.

Perché sur douze centimètres de talons, Thierry Lopez nous conte le récit de cette rescapée et survivante des deux régimes totalitaristes. Pendu aux lèvres et aux silences mesurés du comédien, le spectateur voit l'histoire berlinoise du XXe siècle défiler sous ses yeux. Avec sa jupe virevoltante et son short à paillettes, l'acteur se rhabille et se déshabille tout comme ses personnages, nous embarquant dans Berlin bombardée jusqu'aux plateaux de télévision burlesques, en passant par les boîtes de nuit clandestines de la capitale allemande. Avec humour et finesse, le jeu de l'acteur se marie à la perfection à la mise en scène millimétrée mais naturelle de Steve Suissa. Le travail des lumières, mais aussi de la bande sonore, permet d'accéder à différents univers en quelques secondes, de l'ambiance tamisée et intimiste du musée, aux lumières fluorescentes du monde de la nuit. Le regard malicieux et les mimiques complices du comédien subjuguent le public, impressionné par la performance originale du comédien, à l'image du personnage détonnant et décousu qu'il incarne. Ich bin Charlotte ou Ich bin ein Berliner : Charlotte, tout comme les Berlinois, ne se soumet devant personne.

Un voyage historique et hypnotique à vous en faire acheter des Louboutin et à ne surtout pas manquer !
Zoom par Hermeline Saulnier
Paru le 08/10/2018

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ICH BIN CHARLOTTE   (32 notes)
THÉÂTRE DU POCHE-MONTPARNASSE
Jusqu'au mercredi 27 février

TEXTES. Il est Charlotte. Une femme piégée dans un corps d’homme. Tirée d’une histoire vraie, la pièce retrace l’enquête troublante menée par son auteur, Doug Wright, pour tenter de percer le mystère d’une figure du transgenre qui a survécu aux régimes nazi et communiste en Allemagne. Entre fascination et...


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