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© Giovanni Cittadini Cesi


Pierre Notte
Double actualité pour l'auteur et metteur en scène : les reprises de "La Nostalgie des blattes" au Petit Saint-Martin en septembre, avec Catherine Hiegel et Tania Torrens, et de "La Magie lente" à La Reine blanche
en novembre, avec Benoît Giros.
"La Nostalgie des blattes" est-elle une aventure apocalyptique ?
Je ne crois pas. Avec l'Apocalypse, tout est un peu trop tard! C'est la catastrophe que je préfère : comment on la voit venir, comment on la négocie, comment on l'aborde ou l'évite. Et surtout comment on en sort ! Je parlerais plutôt d'une aventure humaine : ici, deux femmes, deux vieilles catastrophiques qui s'opposent en tout et sur tout, se soudent au terme d'un conflit incessant. Elles se rencontrent et quittent cette Apocalypse que sont la solitude, l'oscillement, l'immobilisme.

Présentez-nous ces deux "vieilles".
L'une veut mourir et s'éteindre dans la solitude, vite finir en poussière. Mais l'autre veut partir et se battre. L'une n'a pas de principe, l'autre en a trop. L'une a beaucoup aimé le sexe, l'autre n'a connu qu'un homme. Ensemble, elles trouvent un équilibre dans la guerre qu'elles se livrent. Catherine Hiegel et Tania Torrens m'ont fait travailler et retravailler. Recouper, ajuster, ajouter. Pour finir, elles sont les vrais auteurs de la pièce et sont géniales !

Dans quel cadre les avez-vous placées ?
C'est au spectateur de tout imaginer. Sont-elles dans un asile, un hospice, une île, un terrain vague, un non lieu à la Beckett? Dans un temps futur, concret, imaginaire ? Un cauchemar peut-être ? Elles sont surtout dans les magnifiques lumières d'Antonio de Carvalho ! Le décor a coûté zéro euro et nous n'avons pas de costumes !

Quel parcours Benoît Giros va-t-il effectuer quant à lui dans "La Magie lente" ?
Il incarne plusieurs entités et personnages : un conférencier, un homme malade, un psychiatre, un oncle... Le sujet primordial, c'est Louvier, un homme qui cherche à comprendre qui il est, ce qui lui est arrivé, les mensonges dans lesquels on l'a tenu. Sa vérité, sexuelle, humaine, profonde. Et ce qu'il a subi, enfant notamment. Je reste sidéré que Benoît Giros et Denis Lachaud, l'auteur, m'aient offert de m'emparer avec eux d'une œuvre aussi forte. C'est un parcours vers la lumière d'une terrible violence. Une reconstruction. J'ai essayé de mettre en avant ce chemin vers la vérité d'un homme perdu, mal considéré, abîmé, détruit par des années de psychiatrie et d'abus.

Vos créations abordent souvent les thématiques de la domination, de la possession. Souhaitez-vous témoigner du fait que ces fléaux sont à l'origine de toute destruction ?
La mise à mal de l'autre, la manipulation, la mise à l'épreuve sont des mécanismes destructeurs passionnants. Les faces de la barbarie sont multiples et nombreuses, ainsi que ses manières de jaillir et de fondre sur l'autre. Souvent même insidieuses si l'on considère la fausse innocence des traîtres, des profiteurs, des dominés par intérêt. Tout cela mérite d'être interrogé, mis à distance, observé de plus près pour voir toujours un peu plus clair dans ce qui génère de la souffrance.
Interview par Alain Bugnard
Paru le 25/09/2018

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NOSTALGIE DES BLATTES (LA)   (20 notes)
THÉÂTRE DU PETIT SAINT-MARTIN
Jusqu'au samedi 1 décembre

C. DRAMA. "ll est bâclé votre Alzheimer". Elles ont refusé les interventions chirurgicales: elles s’exposent au monde, comme rescapées dans un musée de vraies vieilles naturelles. Au final, deux sexagénaires, sous des drones, dans un futur proche, espèrent un visiteur… Deux vieilles assises, face au vide. E...


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