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François Vincentelli
D.R.


Hard
Porno, rire et romance, au théâtre de La Renaissance
Oreilles chastes s'abstenir ! Un texte jouissif s'annonce au théâtre de La Renaissance. C'est l'adaptation, fidèle, par Bruno Gaccio et Alexis Trégarot, de la sulfureuse, tordante et impertinente série « Hard » (Canal+) créée par Cathy Verney et qui se double d'une comédie romantique.
Pour ceux qui ne connaitraient pas la série, sachez que tout commence quand Sophie, mère de famille, catho et coincée, découvre la réelle profession de son mari... à son décès, lorsqu'elle hérite de sa société de production de films X... Nicolas Briançon y met en scène Nicole Croisille, Claire Borotra et trois créateurs de leur rôle dans la série : François Vincentelli (Roy Lapoutre, la star du X), Charlie Dupont (l'inénarrable Corrado) et Stéphan Wojtowicz (Pierre, le truculent taulier du porno à l'ancienne) et Isabelle Vitari qui y a participé.

Nicolas Briançon

Enfant, Nicolas Briançon déménage au gré des nominations de son père, magistrat. C'est à Bordeaux qu'il découvre « la sacralisation et le stress de la représentation » car, à force de hanter les couloirs, la salle et les coulisses du Grand Théâtre - Opéra de Bordeaux... on lui propose une figuration dans "Falstaff". Une certitude s'impose à lui « je voulais vivre là dedans, pas obligatoirement acteur, même régisseur, même balayer le plateau... Du coup, je me suis mis à bien travailler à l'école pour que mes parents me laissent faire ! ». Suivront le bac et une inscription en fac d'Histoire peu suivie d'effets car, très vite, il rameute des copains pour monter « Volpone » qu'ils tournent dans le Sud-Ouest. Ayant assisté à une des représentations, Roger Louret lui propose un engagement de trois mois aux Baladins en Agenais dont il partira trois ans après « pour suivre une fille ». « Rentrés à Paris, on croise le comédien et metteur en scène Hervé Van der Meulen dans la rue. Elle le connait. Il parle d'une audition à la Comédie-Française. Je m'y présente en toute décontraction car je ne mesure pas les enjeux et je suis pris dans « Turcaret » ! » Autre rencontre, Jean Marais, qu'il assiste à la mise en scène de « Bacchus ». « Il m'y a donné un rôle et j'ai quitté le Français ». Il fait ensuite la carrière qu'on lui connaît : comédien et metteur en scène, théâtre, télé et direction du Festival d'Anjou. Il le reconnait, « le talent ne suffit pas. Il faut aussi être à l'heure, une bonne santé, de la rigueur au milieu de sa folie... et de la chance !!! » Sera-t-elle au rdv après cette annonce ? « Longtemps je n'ai pas compris la fixation de certains de mes amis comédiens et metteurs en scène de diriger un théâtre. Puis Anjou m'a appris à m'intéresser et même à me passionner pour le travail des autres. Aujourd'hui, j'aimerais m'occuper d'un théâtre, pour choisir des pièces et demander à des metteurs de les monter. Je commence à le dire, on verra bien... »

Pour l'heure, après « Le Canard à l'orange » au Festival d'Anjou (à voir au Théâtre de Paris en janvier 2019), Nicolas Briançon met en scène « Hard ». « Mettre en scène, pour moi, c'est raconter l'histoire qui est écrite. Et celle-ci est super. On est à l'âge d'or du porno, au temps où ça racontait quelque chose... et c'est une comédie romantique sur fond burlesque ! La proposition est marrante car, malgré une thématique sulfureuse, il n'y aura pas de scène de sexe, soyons clairs, mais comptez sur Dussarat pour des costumes suggestifs ! Je suis enchanté de ma merveilleuse équipe ! Pour ne pas perdre du sens, il me fallait les acteurs de la série. Heureusement Stéphane, François et Charlie ont dit oui et j'ai tout de suite pensé à Nicole car j'adore lui faire dire des horreurs. Elle est trop mignonne ! »


Nicole Croisille

Elle appartient à jamais à notre patrimoine musical. De cours de danse au chant lyrique, des comédies-ballets de Molière à la troupe du mime Marceau, en passant par le jazz, elle est passée d'une discipline à l'autre, petit à petit. Depuis quelques années, on la voit de plus en plus souvent au théâtre. « Je craignais que le public n'accepte pas l'idée de ne pas m'y voir chanter aussi, ne voulant pas lâcher la proie pour l'ombre, j'ai continué à chanter... tout en me rendant plus disponible pour le théâtre ». Depuis, elle a travaillé avec Olivier Desbordes, Jean-Luc Tardieu, Didier Long, Jean-Luc Revol... et Nicolas Briançon qu'elle retrouve aujourd'hui. « C'était une de mes ambitions de travailler avec lui. Je ne voulais pas le décevoir. Ça n'a pas été facile tous les jours mais il m'a beaucoup appris ».

Dans Hard, Nicole est Louise, mère d'Alexandre qui vient de mourir en laissant un héritage compromettant à sa femme... « C'est une mère, genre mère juive. Elle veut sauver ce qui émane de son fils, quitte à brusquer sa belle-fille. Un peu voyou mais sans en avoir l'air, pas très bienveillante car elle s'est donné une mission, elle use du double jeu. Mais elle dit de ces trucs ! Je me suis d'abord demandé si j'allais pouvoir supporter ce langage sur la durée. Quand j'ai joué « Les monologue du vagin », je me suis intéressée au sexe féminin, je l'ai regardé. Mais là, "double péné" par exemple, je ne savais pas de quoi il s'agissait ! J'ai beaucoup hésité. Allais-je pouvoir faire le clown après le sujet si dur de « Jeanne »? je me suis ensuite rendu compte que ce n'était jamais vulgaire et toujours assumé, un peu à la Valérie Lemercier. Et puis, c'est romantique quand même ! A la première lecture, je l'ai jouée chic et élégante et Wjodto m'a dit « ne change rien ». Bref, Briançon m'avait vue comme je n'avais pas pu m'imaginer... et voilà ! »


François Vincentelli

Son grand père corse, qui était dans le commerce du cédrat -agrume proche du citron- a hésité entre Anvers et New York pour développer son affaire... et François Vincentelli est né en Belgique. Atelier théâtre de son lycée, Institut national supérieur des arts du spectacle et techniques de diffusion de Bruxelles, le jeune homme veut devenir comédien. Puis il vient vivre à Paris où la télé et le cinéma le recrutent en premier lieu. « Au cinéma, j'avais soit des seconds rôles dans des films qui ont bien marché, soit des rôles principaux dans des films qui ont fait très peu d'entrées. Puis on m'a remarqué dans Clara Sheller mais, c'est résolument « Hard » qui m'a apporté le plus de notoriété ». En parallèle, il a joué neuf pièces, dont six mises en scène par Bernard Murat. Ce qu'il souhaite avant tout, c'est « d'abord continuer à travailler » mais il serait comblé s'il pouvait « jouer Cyrano au théâtre, tourner des films d'aventures, westerns, films dans l'espace, sur une autre planète... ou un western dans l'espace et réaliser ». Pour l'heure, deux pièces mises en scène par Nicolas Briançon l'accaparent, « Le canard à l'orange » et « Hard ».

Dans "Hard", il retrouve son personnage fétiche de Roy Lapoutre, star du X et amoureux de sa patronne. « Un hardeur romantique ! Cette seule définition m'a attiré car on a tendance à voir les hardeurs comme des animaux violents et débiles. J'ai énormément d'amour pour ce personnage et sa naïveté sincère et pure. Il dit des énormités mais sans cynisme aucun. Il est touchant. J'aurais pu le jouer une bonne partie de ma vie mais la série s'est arrêtée... Comme Roy, je ne suis pas un intellectuel, j'ai plutôt une intelligence de vie et de sociabilité. C'est ce que j'ai mis en lui ». « Hard », ce n'est pas du théâtre qui dénonce, c'est clair. C'est juste la promesse d'un moment léger, drôle... et émouvant ! »
Dossier par Caroline Fabre
Paru le 27/10/2018

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HARD   (8 notes)
THÉÂTRE DE LA RENAISSANCE
Jusqu'au dimanche 6 janvier

COMEDIE. Sophie, mère au foyer, apprend le jour de l’enterrement de son mari, qu’en fait, il ne dirigeait pas une entreprise de transport, comme il le lui a dit depuis 15 ans, mais une boite de production de film porno appelée Sophix! Sophie découvre dans le même temps, qu’elle hérite de la société, et qu...


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