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Philippe Delmas
Producteur, tourneur et directeur de théâtres
Originaire du Sud, ce quinqua « autodidacte et surtout pas artiste frustré » nous parle de ses métiers.
Quel est votre parcours ?
Il y a 25 ans, dans la région d'Avignon, je vends des petits spectacles aux comités de fêtes, mairies... avant de faire tourner des artistes de plus en plus importants dans le Grand Sud. Au début des années 2000, je m'associe à Thierry Ardisson pour développer Graines de Stars et produire Nadya, M Pokora, Christophe Maé, les Nous CNous... Ensuite, en solo, je crée Artisitc Records qui produit aujourd'hui Noëlle Perna, Jeff Panacloc, Anthony Kavanagh, Chantal Ladesou, Patrick Sebastien, Denis Maréchal, Tom Villa et bien d'autres. En parallèle, je possède l'Apollo Théâtre (ex-Théâtre Le Temple) à Paris et le Rouge-Gorge et Le Palace à Avignon.

Qu'est-ce qu'un producteur ?
Il y a le producteur fortuné qui monte de gros spectacles comme des comédies musicales par exemple et celui qui, comme moi, découvre des talents, fait tout ce qu'il peut pour développer leur carrière ou pour la remonter après un choix artistique malheureux.

Dans les deux cas, il faut de l'argent, non ?
Bien sûr ! Au début, j'ai investi mes deniers personnels. Ensuite, j'ai fait en sorte de ne pas perdre d'argent puis d'en gagner. Pour vous donner un ordre d'idée, Christelle Chollet m'a coûté 300 000€ avant d'en percevoir les premiers retours.

Comment découvre-t-on des talents ?
En écumant les salles, même les plus petites, les festivals, dont Avignon, les plateaux d'artistes... J'ai rencontré Noëlle Perna sur un plateau Rire et Chansons et j'ai immédiatement craqué sur elle. Chantal Ladesou, certes déjà un peu connue au théâtre, débutait dans son one women show. J'ai travaillé avec elle pour le structurer. Depuis, sa popularité est immense.

Ce métier a-t-il changé ?
Beaucoup ! Avant, on exposait l'artiste à Paris, -même si on y perdait de l'argent- et on le faisait passer à la télé pour le faire connaitre en Province où là, on le vendait. Aujourd'hui pour participer aux rares émissions ouvertes aux humoristes, il faut faire le show et ça, ça s'apprend. Et même si ça marche encore -en un passage de Jeff chez Drucker, on a vendu 1800 billets dans les heures suivantes-, Internet est en passe de prendre le relais. Il faut donc réaliser des programmes spécifiques et les soutenir par des pubs achetées. D'où les équipes et le matériel de création, d'écriture, de vidéo, de montage... mis à disposition de mes artistes dans un cocon créé pour eux à l'Apollo.

Pourquoi avoir acheté un théâtre à Paris ?
Avant, quand un artiste me plaisait, je devais avant toute chose le signer pour 3 ou 4 ans et le payer. A l'Apollo, je programme d'abord l'artiste un ou deux jours par semaine, on partage la recette, je vois ce que ça donne tant au niveau artistique qu'humain, je le fais progresser et si tout fonctionne, on signe. Sinon, on se quitte bons amis. Bref, c'est pratique.

Comment voyez-vous l'avenir ?
Avec une nouvelle génération d'artistes, un style d'humour différent et un autre mode de fonctionnement économique. La publicité dans les théâtres en est un exemple. Le tout est de s'y préparer !
Interview par Caroline Fabre
Paru le 22/07/2018

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