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D.R.


Un fils bouleversant
Florian Zeller persiste et signe avec sa nouvelle pièce sur les affres de l’adolescence, actuellement à la Comédie des Champs-Élysées
Nicolas n'est pas un adolescent comme les autres. Solitaire, introverti, impulsif... Il cherche un sens à sa vie. Depuis la séparation de ses parents, quelque chose s'est brisé dans l'esprit du jeune homme. Cela fait plusieurs mois qu'il n'est plus allé au lycée. Sa mère ne peut plus faire face. Après « La Mère » et « Le Père », Florian Zeller livre un fils bouleversant, que la mise en scène de Ladislas Chollat sublime et le talent des comédiens magnifie. Une véritable tragédie, un spectacle saisissant.
La problématique que soulève la nouvelle pièce de Florian Zeller est une problématique dans laquelle nombre de « fils », et de familles, peuvent aujourd'hui se retrouver. Après la séparation des parents, comment trouver sa place dans un nouveau foyer, comment trouver un sens à sa vie, comment ne pas se sentir responsable. Voilà les questionnements que traverse Nicolas, alias Rod Paradot. Durant les deux heures de spectacle le jeune homme de 22 ans vit ces situations, ces questionnements et ces humeurs changeantes avec une justesse et une puissance plus que convaincantes. Le public, impuissant, se laisse emporter par sa névrose et son mal de vivre, dont l'issue semble fatale. Face à lui, impuissant aussi, un Yvan Attal en père digne, protecteur, mais perdu. Ce tandem fonctionne à merveille, la sensibilité et le talent de Zeller font exister l'inexistant, et vibrer les silences. Anne Consigny et Élodie Navarre, en mères, sont tout aussi troublées et troublantes. Une partition convaincante qui nous propose des tranches de vie et nous dessine des tentatives. Des tentatives d'amour, de vie et de mort.

Les scènes s'enchainent. Courtes. Sélectionnées. Elles sont savamment choisies par l'auteur pour que le public, spectateur de l'intime, comprenne à demi-mot le cheminement de ce fils. Ladislas Chollat, à son habitude, s'est emparé de ce texte avec talent et empathie. Les scènes, les jours, les années défilent devant un public saisi avec une fluidité cinématographique. Les comédiens apparaissent et disparaissent derrière de hauts panneaux blancs. Nous sommes chez la mère. Nous sommes chez le père. Nous sommes à la clinique. Le talent fait exister le reste. Un spectacle rare, à découvrir sans plus attendre.
Zoom par Régis Daro
Paru le 30/04/2018

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