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D.R.


« Coupes sombres », l’art et la manière d’adapter le texte d’un auteur vivant
Savoureuse immersion dans l’univers de la création
Comment annoncer à un auteur que sa pièce est injouable, que des coupes sont nécessaires? ! Plus de cinq heures de représentation et vingt comédiens... C'est un peu trop pour un seul spectacle !
Voilà la problématique d'une metteuse en scène, campée ici par Anne Kessler, face à un auteur inflexible, Serge Bagdassarian. De là naissent des situations parfois drôles, parfois poétiques. Le regard est subtil et la comédie pleine d'esprit.
Couper le texte d'un auteur vivant est parfois un exercice périlleux. Couper pourquoi ? Couper comment ? Il faut savoir trouver les bons mots, les bonnes images, faire preuve d'empathie. Tout cela, Anne Kessler a, dans le rôle d'une metteuse en scène, partagée entre la détresse de sa troupe et à celle d'un auteur à qui l'on veut modifier sa pièce, le traduit très simplement, très justement, très efficacement.

Immergé dans une joute visiblement sans issue, dans un dialogue de sourds, le public pénètre alors dans les coulisses de la création d'un spectacle... Avec ses codes, ses usages, ses pratiques. Cette mise en abîme captive et interroge sur le respect du travail de tout un chacun, le respect de l'oeuvre, les problématiques actuelles autour de la création artistique.

La confrontation Auteur/Metteur en scène est ponctuée par l'apparition de Pierre Hancisse, en « Bûcheron poète », qui dresse des analogies tantôt poétiques tantôt pratico-pratiques entre la coupe forestière et la coupe théâtrale : donner de l'espace, de la lumière et permettre à chacun de s'épanouir. Le rapport de force laisse place alors à une réflexion plus profonde, sur la relation auteur/metteur en scène et sur la nature d'une reconstitution d'œuvres.

Avec ce texte Guy Zilberstein offre une partition de choix à des acteurs de talent. Un moment de théâtre savoureux.

Au théâtre du Rond-Point jusqu'au dimanche 15 avril.
Portrait par Régis Daro
Paru le 23/03/2018

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