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Alfredo Arias
D.R.


« Elle », une farce mordante et satirique
L’univers Pontifical brocardé d’Alfredo Arias
C'est une caricature d'un univers papal énigmatique, coupé du reste du monde. Une farce. Un texte peu connu de Jean Genet. Oublié. Inachevé. Noyé au milieu de tant d'oeuvres. Et pourtant...
Quand Alfredo Arias, metteur en scène et comédien à l'origine de ce projet, s'est penché sur ce texte, c'est le coté intime de l'oeuvre de Genet qui l'a séduit. Le champs immense des possibles qu'offrait ce texte a fini de le convaincre. Tout était à bâtir et à imaginer pour donner vie à « Elle », sur scène.

Entouré de trois comédiens de talent (Adriana Pegueroles, Alejandra Radano et Marcos Montes) l'Homme de Théâtre a pris le parti d'accompagner Genet dans son exaltation. Deux des rôles d'hommes sont joués par des femmes. Le cardinal (Marcos Montes) portera une ceinture de truites autour de la taille comme seule Joséphine Baker aurait eu l'audace d'en porter, et le Pape (Alfredo Arias), quant à lui, sera drapé dans un costume mi-Pierrot, mi-Arlequin tout droit issu de la Comédia Del Arte.

On rit de ces personnages tournés en ridicule dans des situations parfaitement maitrisées. Dans un décor épuré, doté de quelques prie-Dieu, un photographe et son appareil l'attendent. « Elle », Sa Sainteté, arrive en patin à roulettes... La verve, le burlesque, l'inattendu dont Genet est le maître, viennent alors se mêler aux actes de désacralisation dont ce Pape, perdu au milieu de ce tourbillon déconcertant, est à la fois acteur et victime.

Au-delà du rire, Genet et Arias emmènent le spectateur à réfléchir sur la place de ces hommes de pouvoir, reclus et déconnectés de la réalité. L'interprétation intense et sans faux pas du quatuor est au service de cette création pour le moins originale.

Cette oeuvre est encadrée d'un prologue du Marquis de Sad, « Juliette et le Pape » interprété par un Marcos Montes ironiste ; et par un épilogue poignant « À un Pape » de Pier Paolo Pasolini , interprété cette fois par Alejandra Radano. Le tout offre 3 regards différents sur « ce » Pape. Trois regards qui se complètent et s'unissent à merveille pour n'en former qu'un.
Zoom par Régis Daro
Paru le 16/03/2018

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