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© Lionel Roy


Alil Vardar
45 ans, une longue quête
Sans conteste possible, Alil Vardar est un auteur à succès. Exemple ? Son « Clan des divorcées » aux millions de spectateurs dans 16 pays ! J'ai trouvé son écriture habile et efficace mais pas des plus raffinées... jusqu'à « Comment garder son mec », un one man show touchant et drôle à l'humour mâtiné de vannes certes, mais élégant. Bref, un nouvel Alil, sincère, précis et... subtil !
Alil, pourquoi passer au one man show ?
Il y a deux ans, j'ai eu 45 ans, cap psychologique avec son lot de questions et constats. Que faire de nouveau pour, avant même d'étonner le public, m'exciter, moi ? Une évidence: mes pièces, un personnage central et deux trois faire-valoir autour d'une histoire prétexte, étaient des one déguisés. Je suis parti sur l'idée du couple, mon fonds de commerce, mais plus le temps passe, plus je parle de moi, de mes origines, de ma vie. Il m'a fallu suffisamment d'orgueil et de confiance en moi pour y parvenir. Ça m'a pris 45 ans, une longue quête!

Quand a-t-elle commencé ?
A Bruxelles, un jour, j'ai fait des blagues dans un resto pendant 20 mn. Le patron m'a payé 2000 francs belges (50€ aujourd'hui), l'équivalent d'une semaine de ménages par ma mère ! Ça a changé ma vie. J'ai tracé mon chemin sans bons spectacles mais avec de bons titres, de bonnes affiches et de bons tracts (rires) et, jusqu'à peu, j'avais l'impression d'être un intrus dans ce métier. Or, aujourd'hui, au grand dam de certains, je suis quelqu'un qui compte dans le paysage du théâtre parisien. Ni amant, ni ami, ni fils de, j'exerce le métier de la comédie et remplis mes salles sans artifices. Donc, j'assume, je suis un artiste !

Comment êtes-vous parvenu à changer de style ?
Né dans une famille musulmane albanaise, ayant grandi en Belgique et étant arrivé en France à 30 ans, ma culture est celle de Bruxelles, plus Londres que Paris, plus Benny Hill que Feydeau. Les codes de la culture française, ADN des Français, Roger Louret, Thomas Gaudin et mon ami Eric Carrière des "Chevaliers du Fiel" me les ont donnés récemment car il m'a fallu la maturité de la quarantaine pour pouvoir écouter quelqu'un ! Pour ce spectacle, en deux ans de travail avec Roger, j'ai beaucoup appris et ce n'est pas fini. J'ai aussi fait appel à Thomas Gaudin (qui écrit pour Éboué, Lemoine, Madénian...) pour gagner du temps et il m'a évité beaucoup d'erreurs, notamment des fautes de goût dans le propos, le verbe, l'attitude. Eric, lui, est carrément « terroirisé », d'autres codes encore.

Qui est ce nouvel Alil ?
Le "pouët-pouët" m'était facile mais je viens d'apprendre à écrire un bon texte où les idées et l'histoire priment, à ne plus me cacher derrière des déguisements, à ne plus faire rire sur scène comme à table entre deux verres... Bref, j'ai évolué et j'ai envie que, sur scène, on remarque mes « études ». Dans la vie aussi j'ai appris. J'aurais voulu être un businessman. Or, si j'ai plein d'idées, je suis très mauvais gestionnaire et j'ai fait des investissements catastrophiques. Aujourd'hui, mon frère assume seul la direction financière de nos théâtres et je me consacre uniquement à leur image artistique et à ma carrière personnelle, écriture et jeu !
Interview par Caroline Fabre
Paru le 10/02/2018

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