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Jean-Paul Bordes
© Bruno Perroud


"Michel-Ange et les fesses de Dieu" Au Théâtre 14
Jean-Philippe Noël & Jean-Paul Bordes
1508. Le pape Jules II commande au sculpteur une fresque de 800 mètres carrés pour orner le plafond de la chapelle Sixtine. Le comédien et metteur en scène Jean-Paul Bordes nous invite à une confrontation historique musclée, imaginée par le journaliste Jean-Philippe Noël.

Jean-Philippe Noël, auteur

Comment vous est venue l'idée de cette joute verbale entre Jules II et Michel-Ange ?
J'ai été amené à travailler sur l'histoire du Vatican pendant la Renaissance. En découvrant les rapports du pape Jules II et de Michel-Ange, j'ai tout de suite compris qu'il y avait là un potentiel dramatique mais aussi comique.

Quels aspects de la personnalité de ces personnages historiques avez-vous mis en avant ?
Nous avons à faire à deux personnages démesurés, forts, caricaturaux. Michel-Ange, c'est l'artiste génial absolu. Il vit uniquement pour son art, qu'il pense être un don de Dieu. Jules II, c'est le pape de la Renaissance par excellence. Un tacticien, tant sur les plans politique que militaire, avide de pouvoir, d'ors, mais aussi grand mécène, amateur d'art.

Quelle vision de l'homme et de sa place sur terre laissent-ils aux spectateurs ?
La démesure de leur caractère permet d'en faire des personnages tantôt drôles, tantôt tragiques, tantôt touchants. Il ne faut pas oublier le troisième personnage, Mattéo, l'homme à tout faire de Michel-Ange qui apporte un regard plus humain, mais aussi plus naïf. Ensemble, ils progressent le long de cette fresque qui doit les conduire à la Rédemption de l'homme. La question est de savoir si l'Art seul y parviendra.


Jean-Paul Bordes, maître d'œuvre et Michel-Ange

Comment avez-vous choisi d'aborder les figures historiques de Michel-Ange et Jules II ?
N'oubliez pas que c'est un trio tragi-comique : Michel-Ange, le pape jules II et, à part égale, Mattéo, le serviteur de Michel-Ange. Deux personnages historiques, un fictif. Des caractères bien trempés dans des situations bien concrètes et des dialogues directs, simples et forts. Mon Michel-Ange est assez « monobloque », taiseux, torturé ou emmerdeur. Jules II (François Siener) évoque la puissance papale de Rome, l'instinct du mécène à s'entourer des meilleurs artistes pour sa propre postérité, et Mattéo (Jean-Paul Comart), l'homme du peuple précipité dans des événements qui le dépassent mais qu'il transcende à sa façon, comme Sganarelle avec "Don Juan".

Dans quel univers visuel et sonore avez-vous choisi d'évoluer ?
On ne voit pas la voûte de la chapelle. Un échafaudage cache en partie le chantier qui est à douze mètres de haut. Michel-Ange y monte, en descend, et c'est en bas, à travers les costumes et l'évocation du claustra de la Sixtine, que se manifestent les fastes de la Renaissance italienne. Ajoutons la magie des rampes à l'ancienne, pour faire de chaque tableau une peinture, et une création sonore qui mêle voix intérieure, bruits étranges ou musique divine, pour souligner les mystères de la création artistique et les états d'âme de ce génie de la sculpture.
Dossier par Alain Bugnard
Paru le 28/01/2018

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