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D.R.


Clément Poirée
Nouveau directeur de La Tempête
Clément Poirée vient de succéder à Philippe Adrien à la direction de La Tempête. Riche en surprises, la nouvelle saison du théâtre s'ouvre avec « La Vie est un songe » de Calderón, «trois hallucinations aux confins du fantastique où l'on perçoit le monde par les yeux effarés du prince Sigismond et de dame Rosaura ».
Que retiendriez-vous de votre proche collaboration avec Philippe Adrien ?
Je suis arrivé à la Tempête en 2000 comme stagiaire à la mise en scène sur "Le Roi Lear". J'ai appris mon métier auprès de Philippe. J'ai aimé d'emblée son art de raconter des histoires et sa recherche de compréhension du monde en faisant de la scène le « périscope de l'âme ». J'ai appris à ses côtés à saisir instant par instant ce qui advient, sans me soucier d'une cohérence dramaturgique préalable qui prévaudrait sur ce que nous révèle le plateau. J'ai appris que le théâtre est toujours danse et chant.

Comment définiriez-vous l'esprit de ce lieu qu'est La Tempête ?
La Tempête est un lieu particulier animé par la convivialité, l'indépendance, la liberté, l'éclectisme. C'est un théâtre qui se construit sur l'amitié. L'amitié avec les équipes accueillies qui partagent notre outil de travail et l'amitié avec les spectateurs qui ne sont pas en simple position de consommateurs de biens culturels mais qui empruntent avec nous des chemins de traverse. C'est aussi un lieu singulier, situé au milieu des bois. On s'y échappe en quelque sorte. On y fait le théâtre buissonnier.

Pourriez-vous nous présenter la saison 2017/2018 ?
L'écriture dramatique sera au cœur du projet : écritures contemporaines avec Falk Richter, Nathalie Bécue, François de Brauer, Koltès ; écritures de plateau avec "F(l)ammes", "Change me" ; grands poètes classiques avec "Le Menteur" de Corneille, "La Mort de Tintagiles" de Maeterlinck et grandes fables avec "Le Maître et Marguerite" de Boulgakov, "La Vie est un Songe" de Calderón ; adaptation avec "Une Adoration", d'après Nancy Houston. Je suis heureux de voir se croiser des générations et des parcours très différents. Des compagnons de longues dates (Jean-Claude Fall, Ahmed Madani...) croiseront des nouveaux venus comme Laurent Hatat ou Julia Vidit. Avec le recul, il me semble que se dégage une question qui traverse les plis et replis de notre saison : la destinée est-elle indépassable ou est-ce une fiction qu'on peut à tout moment modifier?

Quelques mots sur votre nouvelle mise en scène ?
"La Vie est un songe" regorge de mystères saisissants. Un exemple : Sigismond jette par la fenêtre le valet qui tente de le raisonner. Il s'agit d'un conte métaphysique. Trois journées, trois métamorphoses de l'esprit qui conduisent de la soumission à la révolte ; du triomphe des pulsions au renoncement à la jouissance. Trois journées pour découvrir une éthique de responsabilité, pour que l'enfant sacrifié devienne un enfant sacrifiant à la civilisation ses propres désirs et rétablisse le lien de filiation rompu par un père défaillant. Le tout au cœur de la toundra d'une Pologne fantasmée : neige et glace au sol que jalonnent de lourds rideaux de velours comme autant d'arbres centenaires.
Interview par Alain Bugnard
Paru le 25/10/2017

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