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D.R.


Le jardin d’Alphonse
une comédie de moeurs construite autour d’un secret de famille
Didier Caron est auteur, metteur en scène, comédien et directeur du Théâtre Michel. Sa toute nouvelle pièce, « Fausse Note », huis clos sur fond de vengeance, sera jouée à la rentrée à Paris, par Christophe Malavoy et Tom Novembre. Aujourd'hui, il nous propose une autre de ses pièces, « Le jardin d'Alphonse », une comédie de moeurs qu'il joue et met en scène au Michel.

Didier Caron

Didier, évacuons tout de suite cela : des rumeurs donnent le Théâtre Michel en vente ? Info ou intox ?
C'est vrai. Un acheteur s'est présenté alors que le théâtre n'était pas à vendre. Nous n'avons pas fait affaire mais cela m'a fait réfléchir. Difficultés financières, lassitude, nuits blanches... et moi qui suis de plus en plus directeur et de moins en moins artiste, au point d'en perdre le désir de créer, sans compter un sentiment d'injustice parfois, avec les artistes, quand leur spectacle marche moins bien qu'ils ne l'espéraient. Bref, mon but aujourd'hui est de vendre mes parts... et de partir en province, peut-être dans l'Ouest de la France où je respirerai mieux, pour monter un lieu. Pour l'instant, rien n'est signé... même si une transaction avec un amoureux du théâtre est en cours !

Revenons au "Jardin d'Alphonse", nouvelle version des « Vérités vraies », comédie de moeurs que vous avez écrite après « Un vrai bonheur ». Pourquoi la remonter aujourd'hui ?
A l'époque, on a arrêté au moment où elle commençait à prendre auprès du public. Il m'en est resté un gout d'inachevé. J'ai changé son titre en plus doux, plus poétique, moins « moral » et, ayant écouté les critiques et surtout les moins bonnes, j'en propose une version améliorée. On y rit beaucoup et pourtant il y a des choses touchantes, voire dures. Les personnages, mal aimés ou qui croient l'être, ont des fêlures, cherchent à régler des comptes, ont du mal à communiquer, par pudeur ou à cause de rendez-vous manqués. il n'y a que de l'amour dans cette pièce car le manque d'amour... c'est de l'amour.

Rappelez-nous ce que raconte la pièce...
Le jour de l'enterrement du grand-père Alphonse (la mort est juste un prétexte à situation, ce pourrait aussi bien être à un mariage... mais je l'ai déjà fait !), sa famille et un couple d'amis de ses enfants sont réunis. Sa petite-fille, adulte, pose une question qui lui taraude l'esprit depuis des années sur un secret de famille la concernant directement. La réponse n'est pas du tout celle qu'elle attendait. A partir de là, chaque protagoniste se remet en question, fait le point, voire prend des décisions...
J'ajouterai que nous sommes neuf sur scène... encore des sueurs froides pour un directeur de théâtre... mais quelle belle aventure humaine avec de tels comédiens !

Didier Caron sera en effet sur scène avec ceux qu'il a choisis un à un : Michel Feder, Julia Dorval, Sandrine Le Berre, Véronique Viel, Christiane Ludot et Romain Fleury comme Karina Marimon et Arnaud Pfeiller qui nous parlent d'eux et de la pièce.


Karina Marimon

"A dix ans, j'étais boulotte et on se moquait de moi. Je suis entrée au conservatoire, dans ma banlieue. Dès mon premier texte, les gens ont ri avec moi et non de moi. Le théâtre est resté mon ami pour la vie !"

Formée à l'école de la rue Blanche, elle débute sa carrière dans le théâtre public. La naissance de sa fille lui fait préférer le théâtre privé « aux horaires de répétition plus compatibles avec la vie de famille que la troupe d'Arianne Mnouchkine par exemple ». Elle y découvre les comédies. « Le rire du public recharge mes piles. Même dans des rôles un peu dramatiques, je me débrouille pour faire rire ! ».

Très présente au cinéma (« Radin », « La vache »...) et à la télévision (depuis trois ans, elle est Renata, la tenancière de l'auberge « Chez Napoléon » dans « La Petite histoire de France »), elle monte régulièrement sur scène, en « seconde roue » dit-elle en riant. « J'arrive souvent en renouvellement de casting, comme dans « J'aime beaucoup ce que vous faites » que j'ai joué quatre ans.. »

Cette fois, elle crée le rôle de Suzanne. « C'est un personnage cadeau. Dans cette pièce où un secret de famille tend parfois l'ambiance, elle est le grain de sable. Pied-noir, très intrusive, parlant beaucoup, souvent à tort et à travers, elle gaffe et met alors le doigt, par hasard, sur ce qu'il ne faudrait surtout pas évoquer. Mais c'est une vraie généreuse. Son seul objectif est de faire plaisir et d'être un soutien pour ses amis. L'enfer est pavé de bonnes intentions... C'est tout elle ! ».


Arnaud Pfeiffer

Né en 80, il est un enfant suractif. Il serait devenu footballeur professionnel si, à 14 ans, un genou ne l'avait lâché. Pour le « calmer un peu », ses parents l'inscrivent dans un cours de théâtre. « J'y ai trouvé pas mal de similitudes avec le foot : l'énergie qu'on met sur un plateau; on donne des répliques comme on passe une balle; un petit rôle sur un spectacle, c'est comme un quart d'heure en seconde mi-temps, si on est bon, on jouerai peut-être d'autres matchs/pièces en entier ! ».

Avec des camarades de cours du Studio Théâtre d'Asnières, il monte une Compagnie, "Les Sans Cou" qui, dès la sortie en 2004, joue ses créations et gagne vite une vraie place dans le paysage théâtral... « bien aidée par Salomé Lelouch et son Ciné 13, vraie rampe de lancement pour nous ».

En parallèle de son aventure en équipe, il se forme avec Michel Fau, Wajdi Mouawad, Benno Besson. Car, boulimique du travail, Arnaud a toujours misé sur les rencontres. Ainsi, Salomé lui présente Arthur Jugnot qui lui propose un remplacement dans « Une semaine pas plus »... qu'il jouera au Michel... où Didier Caron... l'auditionnera pour « Le Jardin d'Alphonse » où il est Serge. « Petit-fils d'Alphonse, il n'a pas particulièrement envie d'être là. Rebelle mais très sensible, il est aussi peu doué pour aimer que pour se faire aimer. Il me fallait, je crois, une certaine maturité pour endosser ce rôle de bougon pas très sympathique et accepter qu'on ne l'aime pas d'emblée. Mais il a de nombreuses couleurs que je vais défendre avec bonheur ! »
Dossier par Caroline Fabre
Paru le 05/06/2017

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JARDIN D’ALPHONSE (LE)   (167 notes)
THÉÂTRE MICHEL
Jusqu'au samedi 16 septembre

COMEDIE. Après la disparition du vieil Alphonse, les amis la famille se rassemblent dans son jardin pour un déjeuner convivial.  Les petits secrets comme les grands vont alors éclater sous le pin parasol du jardin d'Alphonse. Une comédie où toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire. Entre tension et rir...


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