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D.R.


tatouvu a lu
Fresque new-yorkaise
Roman -
Dans le milieu des années 1970, deux jeunes couples d'artistes tissent des liens d'amitié et ébauchent, côte à côte, une existence qu'ils croient promise au bonheur.
Mais la vie leur apprendra que rien n'est jamais aussi simple.
Tel un rouleau compresseur, elle avancera, inexorablement, touchant à ce qu'ils ont de
plus précieux, broyant au passage nombre de leurs illusions.
Siri Hustvedt a composé un roman dense et puissant.
Une véritable réussite. Elle brosse, sur plus de vingt ans, le destin de personnages évoluant dans
le New York des arts et de la culture. Car ici, on est très loin de l'Amérique profonde : tout ce petit monde émaille ses conversations de discours artistiques et de considérations intellectuelles.
La narration est menée de façon très concrète, posée. Sans sentimentalisme, elle déverse régulièrement revers et drames, poussant les protagonistes, année après année, vers un sentiment de résignation.
Née en 1955 aux États-Unis, de parents norvégiens, Siri Hustvedt est l'épouse de l'écrivain Paul Auster.
Tout ce que j'aimais,
Siri Hustvedt, Actes Sud,
458 p., 23 €.

"Papa est revenu..."
Théâtre -
Dix ans après avoir fui ses responsabilités de père de famille, un homme de couleur réapparaît devant sa femme, blanche, et ses deux filles. Feignant d'avoir fait fortune, il demande à reprendre sa place auprès d'elles. Immédiatement, la famille de la mère s'en mêle, conspuant les origines de l'époux. L'amour sera-t-il plus fort que tout ? Consacrant le talent de Marie Ndiaye, cette pièce vient de faire son entrée au répertoire de la Comédie-Française.
Papa doit manger,
Marie Ndiaye, Les Éditions de minuit, 95 p., 9,00 €.

Restonica assiégée
Récit - "C'est une ville mauvaise, une ville d'incapables, d'ignorants, de traîne-savates. C'est une mauvaise ville. Rien que des incapables.
Rien que des désœuvrés. Ils ne font rien,
voilà tout. Laissent depuis longtemps Restonica à l'abandon."
Il y a d'abord une écriture, une langue, blanche et concrète. Factuelle.
Qui s'appuie sur les voix ordinaires d'un peuple subitement coupé en deux. Voisins, cousins, amis d'hier vont devoir se faire la guerre. Ceux de Dehors contre ceux de Dedans. Dans un premier temps, certains que l'agression provient d'un autre pays,
les habitants
de Restonica attendent l'aide de l'armée nationale. Ils la voient d'ailleurs qui se massesur les collines alentour. Les vivats et les applaudissements retentissent, avant que tous ne comprennent que c'est elle qui tire sur la ville... À sa tête, le général Brûlé souhaite poursuivre
une querelle ancestrale qu'il est le seul à ne pas avoir oubliée.
Emmanuel Darley donne, tout au long du récit, la parole à un camp puis à l'autre. Rendant toute l'horreur et toute l'absurdité de cette guerre civile, il fait le procès de la barbarie banalisée.
Un des malheurs,
Emmanuel Darley, Verdier,
217 p., 5 €.

Anticipation
Théâtre - Si une nouvelle forme de conscience émergeait de l'humanité,
à quoi ressemblerait-elle ?
Les êtres dotés de cette nouvelle forme de conscience seraient-ils portés à vouloir dominer l'humanité
ou bien, au contraire,
à partager paisiblement le monde ? Longs monologues, dialogues brefs et saccadés..., c'est à travers un texte protéiforme que Gildas Milin tente de répondre à ces questions. Une pièce moderne et surprenante.
À découvrir.
Anthropozoo,
Gildas Milin,
Actes Sud-Papiers, 95 p., 10,50 €.

Les petites choses d'un quotidien
Roman -
Un metteur en scène cherche une costumière pour monter Stella, de Goethe, à Bobigny. Sur les conseils d'un ami, il contacte la jeune Cécile de Zurich dont, très vite, il s'éprend. De la France à la Suisse, en passant par le Japon, se noue, entre eux, une relation en demi-teinte dont le narrateur va dépeindre le quotidien. Un quotidien de chambres d'hôtels, de routes, de brasseries, d'avions, de conversations téléphoniques, de Polaroïd, de mots étrangers aux nuances parfois énigmatique... Rien d'exceptionnel, en fait, si ce n'est le regard que le principal protagoniste porte sur tous ces non-événements. Car il parvientà donner de l'épaisseur et du sens à des moments en apparence insignifiants, créant une véritable poésie du détail et de l'accessoire.
Bruno Bayen est écrivain et metteur en scène. Tout comme son personnage, il a monté Stella au Théâtre MC93 de Bobigny. C'était au printemps 2001.
La Vie sentimentale,
Bruno Bayen, Mercure de France, 213 p., 16 €.

Et aussi...

L'homme qui prêtait aux Rois
de Maya de Loen
Histoire - La destinée de Samuel Bernard (1651-1739), simple marchand drapier, devenu l'un des financiers les plus puissants de son temps, nous replonge en plein cœur du Grand Siècle. Captivant.
Éditions de Fallois, 415 p., 19,50 €.

Le temps revient
de Gérard de Cortanze
Théâtre - Après avoir obtenu le prix Renaudot 2002 pour Assam, Gérard de Cortanze se tourne pour la première fois vers le théâtre. Une fresque familiale construite autour de trois générations de femmes.
L'Avant-Scène Théâtre (Collection des Quatre-Vents), 108 p., 11 €.

Les Braises
de Sándor Márai
Roman - Les sentiments les plus violents couvent parfois sous les cendres du passé... Tableau de la monarchie austro-hongroise agonisante, ce roman d'un des plus grands auteurs hongrois a été adapté pour le théâtre par Claude Rich et Sophie Cauchi.
Albin Michel, 189 p., 14,94 €.

37 ans
d'Antoine Herbez
Théâtre - Créée au théâtre Essaïon la saison passée,
37 ans raconte le destin de Nadège Bariani, ex-terroriste, à la veille de sa sortie de prison après trente-sept ans d'enfermement. Nombre d'années qui correspond à l'âge du journaliste venu l'interviewer.
Les Cygnes, 53 p., 7,50 €.
Dossier par Manuel Piolat Soleymat
Paru le 14/03/2003

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