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.Photos Juan Hernandez


Anne Brochet
Anne Brochet : comédienne et écrivain
Actuellement au Studio des Champs-Élysées dans "Bash, scènes d'apocalypse" de Neil Labute, Anne Brochet partage son temps entre la comédie et l'écriture. Prix Romy-Schneider 1991, césar de la meilleure actrice dans un second rôle en 1992 ; les Éditions du Seuil ont publié, en 2001, son premier roman. Une belle réussite pour celle qui, adolescente,souhaitait "mener une vie extraordinaire".
Pour vous, le métier de comédienne représentait-il un rêve de jeune fille ?
Non, pas vraiment. Je cherchais, avant tout, un métier très différent de celui de mes parents, qui étaient enseignants. Un métier où l'on s'amuse, un peu hors du commun, qui me permette de mener une vie extraordinaire... Je ne voulais surtout pas de quelque chose de routinier, de monotone. En fait, adolescente, je souhaitais devenir journaliste, parce que je pensais qu'ainsi je passerais mon temps à parcourir le monde!

À cette époque, vous ne vous sentiez donc pas comédienne ?
Pas encore, c'est vrai. Mais j'aimais bien les textes, l'écriture, les films, la télévision... Tout s'est passé un peu par hasard. J'avais depuis longtemps envie de quitter ma ville de province, Amiens. Je suis donc venue vivre à Paris et, un jour, une amie m'a donné un prospectus du Cours Florent. Je m'y suis présentée et j'ai eu la chance de pouvoir suivre ce cours gratuitement.

Et c'est là qu'a eu lieu le déclic ?
Oui. J'ai très vite réalisé que j'aimais jouer la comédie. Mais, plus que d'aimer ça, j'ai alors compris que j'étais faite pour ça. C'était durant une scène d'Un tramway nommé désir. Ce jour-là, pendant que je disais mon texte, j'ai soudain eu la certitude que j'avais trouvé ma voie. J'ai vécu ça comme une évidence.

La prise de conscience d'une vocation ?
Tout à fait. C'était la première fois que j'éprouvais cette sensation. J'étais totalement juste avec ce que j'étais en train de faire. Avant ça, je n'avais toujours été qu'une bonne élève. Et là, tout à coup, c'était autre chose : j'étais devenue un individu créatif. J'ai eu l'impression de m'être trouvée. Puis j'ai été admise au Conservatoire, que j'ai quitté après la première année, lorsque l'on m'a proposé mes premiers contrats.

Vous avez plus tourné au cinéma que joué au théâtre. Pourquoi ?
Parce que je trouve que le cinéma est beaucoup moins fastidieux ! Jouer la même pièce, tous les jours, à la même heure, durant des mois et des mois me paraît pénible et absurde. Ce qui m'a poussé vers le théâtre, ce sont certains rôles formidables et des comédiens avec lesquels j'avais envie de jouer.

Quelle est l'émotion que vous procure le théâtre que ne vous procure pas le cinéma ?
La trouille ! Au cinéma, j'ai peur le premier jour et ensuite c'est fini. Tandis qu'au théâtre, le trac ne s'en va pas. Tous les soirs, il faut parvenir à convaincre le public.

Qu'est-ce qui vous a donné envie de jouer Bash, scènes d'apocalypse ?
D'abord mon personnage et son histoire. Il s'agit d'une jeune femme qui, lorsqu'elle avait 13 ans, a vécu un amour fulgurant avec l'un de ses professeurs. Elle est alors tombée enceinte et a été abandonnée par le père de son enfant. Elle a ensuite passé quatorze ans à préparer sa vengeance. Je comprends très bien son cheminement intérieur. L'écriture, aussi, m'a beaucoup plu. Elle est à la fois désopilante et très honnête, généreuse envers les personnages.

En 2001, vous avez publié Si petite devant ta face, votre premier roman. De quand datent vos premiers pas dans l'écriture ?
De l'adolescence, quand j'écrivais mon journal. Mais ce n'est que depuis ce roman que cela fait vraiment partie de ma vie quotidienne.

À présent, que représente pour vous cette activité ?
Ça pourrait être un métier. Mon deuxième métier. En fait, depuis la publication de Si petite devant ta face, je considère que ça l'est. Parce que mon livre a été reconnu socialement, des gens l'ont acheté, des journalistes en ont fait la critique... C'est comme lorsque je suis au théâtre, que je suis payée et que l'on vient me voir : je suis comédienne, c'est mon métier. De la même façon, aujourd'hui, je me considère aussi comme un écrivain. Tous les matins, je me mets devant mon
ordinateur et j'écris.

Pensez-vous ainsi publier régulièrement des romans ?
Oui. Et je souhaite également écrire des scénarios. Pour la fin de l'année, j'ai d'ailleurs un projet de film que je vais écrire. Claude Miller en sera le réalisateur.

Interview par Manuel Piolat Soleymat
Paru le 15/03/2003

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