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©Cosimo Mirco


Les Enfants du silence
de Mark Medoff, au Théâtre Antoine
En avril 2015, Anne-Marie Etienne mettait en scène "Les Enfants du silence", au Théâtre du Vieux-Colombier, avec la troupe de la Comédie-Française. C'est aujourd'hui au Théâtre Antoine qu'est repris ce spectacle. Aux côtés de Françoise Gillard et Laurent Natrella (qui interprètent les deux rôles principaux de la pièce), Elliot Jenicot incarne le personnage de Denis, un homme malentendant. Le pensionnaire de la troupe de Molière répond à nos questions.
A quoi est dû, selon vous, le succès que rencontre "Les Enfants du silence", depuis le début des années 1980, tant au théâtre qu'au cinéma* ?
Je crois qu'il s'agit d'une pièce qui est très humaniste, très sociale. C'est sans doute cela qui touche les gens. "Les Enfants du silence" parle du handicap, du rapport à l'autre et à la différence. Et elle en parle comme d'un aspect de la vie de tous les jours. Sans tomber dans le drame. En fait, le monde des malentendants est un monde que l'on ne connaît pas bien. Je crois que c'est aussi cette découverte qui intéresse les spectateurs.

Dans cette pièce qui prend place au sein d'une école pour sourds et malentendants, vous interprétez le rôle de Denis, un des élèves de cette institution. Comment avez-vous abordé votre personnage ?
La chose essentielle a été de réaliser un travail de fond sur le langage des signes (ndlr, le spectacle est, selon les personnages, à la fois interprété en français parlé et en langue des signes). Françoise Gillard, Laurent Natrella, Anna Cervinka et moi-même avons été coachés pas Joël Chalude, qui est le comédien malentendant qui jouait le rôle de Denis dans la version de la pièce montée, au début des années 1990, avec Emmanuelle Laborit. Nous avons vraiment travaillé à être le plus juste et le plus précis possible dans notre façon de signer.

« On n'aborde pas le rôle d'une personne malentendante comme on aborde un autre rôle. »


Votre personnage, contrairement à celui incarné par Françoise Gillard, accepte d'apprendre à communiquer avec la voix. Vous avez donc également dû travailler sur une façon spécifique de parler...
Oui, j'ai vraiment essayé d'être le plus crédible possible, cela dans tous les aspects de mon personnage. J'ai donc, en dehors de l'apprentissage de la langue de signes, réalisé un travail sur la voix, sur la façon de parler, sur la psychologie des sourds... Il est certain que l'on n'aborde pas le rôle d'une personne malentendante comme on aborde un autre rôle. Il y a vraiment une recherche émotionnelle, une recherche d'authenticité très forte qui s'impose. On ne peut pas s'exprimer avec les signes de façon robotique. Il faut respecter les intentions, la ponctuation, le rythme, la musicalité gestuelle... Et ce qui m'a beaucoup touché, c'est que des spectateurs malentendants venus nous voir lorsque nous jouions au Théâtre du Vieux-Colombier ont cru que nous étions véritablement sourds. Ça, c'est une énorme victoire. Une énorme récompense.

* La pièce du dramaturge américain Mark Medoff a été adaptée pour le grand écran, en 1986, par la réalisatrice Randa Haines.
Zoom par Manuel Piolat Soleymat
Paru le 16/01/2017

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