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©Bruno Perroud


Alexis Michalik
Intra muros
Un metteur en scène sur le retour vient dispenser son premier cours de théâtre en prison. Pour ce huis clos haletant, Alexis Michalik a réuni Jeanne Arènes, Bernard Blancan, Alice de Lencquesaing, Paul Jeanson et Fayçal Safi et un musicien sur la scène du Théâtre 13 Jardin.
Après "Edmond", nous vous retrouvons avec un sujet plus grave. Comment vous est venue cette idée ?
Habituellement, j'attends deux ou trois ans pour écrire et mettre en scène un nouveau texte mais j'avais promis une création à Colette Nucci pour la réouverture du Théâtre 13 Jardin. "Intra muros", comme "Edmond", "Le Porteur d'Histoire" ou "Le Cercle des illusionnistes", est une mise en abyme du théâtre. Les détenus de la maison centrale de Moulins-Yzeure m'avaient remis un prix pour un court métrage, "Au sol" (l'histoire d'une passagère qui essaie de prendre un avion alors qu'elle n'a pas les papiers de son bébé). J'ai alors rencontré pendant deux heures neuf de ces détenus, avec l'actrice du court métrage, Stéphanie Caillol. Leur rapport au temps m'a fasciné et je suis reparti avec plein d'images. Je n'ai ressenti aucune tension. Nos discussions ont porté sur la vie en général. Le temps s'écoule différemment à l'intérieur de la prison et la pièce va précisément parler de ce que les détenus en font.

Quelle histoire allez-vous dérouler ?
Le jour où ce professeur arrive dans cette prison, seulement deux détenus se présentent, alors qu'il espérait une forte affluence. Il est accompagné d'une actrice et d'une jeune assistante sociale inexpérimentée. Ils vont essayer de leur donner le maximum mais seul l'un des détenus est motivé. L'autre ne fait qu'accompagner son ami. Cette rencontre est un choc pour le metteur en scène, qui estime avoir gâché sa carrière et qui se retrouve face à l'absurdité de raconter cela à des êtres qui vivent dans une cellule et dont les enjeux sont totalement différents. On découvre les rapports qui unissent le metteur en scène à son actrice, la réaction de l'assistante sociale qui est pleine de bons sentiments mais qui n'est absolument pas préparée à cette réalité. De ces rencontres découlera une histoire romanesque pleine de rebondissements. Ce choc frontal sera pour chacun l'objet d'une introspection qui les amènera à se demander comment ils en sont arrivés là et ce qu'ils peuvent faire du temps qui leur reste.

Dans quel cadre avez-vous choisi de placer votre troupe ?
Le décor sera assez épuré. Je voulais, après la grosse machine d'"Edmond", revenir, comme pour "Le Porteur...", à une scénographie minimaliste. Tout se passera dans le jeu, l'intention et l'improvisation. Un musicien va créer la musique pendant les répétitions et sera sur scène pour les représentations. De même, si l'histoire est écrite dans le détail, les dialogues ne seront finalisés que pendant les répétitions pour que cette tranche de vie, où il sera question d'enfermement et d'aliénation, soit le plus authentique possible.
Interview par Alain Bugnard
Paru le 17/03/2017

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