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© Bruno Perroud


Eric Laugérias
Un artiste multicartes et engagé
Dans « Eureka », comédie de Jean-Paul Bathany aux Variétés, Eric Laugérias est un écrivain raté, alcoolique mais lucide, qui va aider son pote à maquiller le suicide de sa femme en meurtre... pour toucher son assurance-vie. A cette occasion, voici un portrait de celui qui se définit comme « Un artiste qui regarde le monde, s'en amuse et le raconte à ses contemporains, chante, joue la comédie, écrit des films, des sketches... »
Celui qui a créé, avec Bernard Cazeneuve, son copain d'amphi à Sciences Po Bordeaux, l'antenne Aquitaine du Mouvement des Jeunes Radicaux de Gauche « lui Président, moi Vice-Président, très chic non ? », est resté un « citoyen actif à qui les hasards de la vie ont donné un peu d'audience ». « J'exprime ce que je pense sans pour autant croire que j'ai plus de légitimité que d'autres. Dégout et fatalisme font se désengager le monde d'aujourd'hui de la vie politique. Or, tout n'est pas dû aux seuls politiciens. Nous devons reprendre la parole pour construire une société viable dans laquelle nous serions tous acteurs et responsables. Impliquons nous ! » Lui, milite au Printemps Républicain pour, notamment, défendre la laïcité.

Pourtant, sa volonté de devenir journaliste ou diplomate s'est envolée dès son entrée en classe pro du Conservatoire de Bordeaux. Ce qui l'a poussé vers les planches et les caméras ? « Curieux de tout et des autres, adorant les histoires, en écouter comme en raconter, j'ai un côté exhibitionniste, voire cabotin -attention maîtrisé !- et j'aime faire rire et m'amuser ».

Alors que lui inspire cette assertion de Jean Yanne : « on fait un métier de con » ? « Oui, c'est un métier à la con... on ne sait jamais ce qu'on va faire l'année d'après, contrairement aux artistes lyriques et aux danseurs par exemple, et ça peut aussi être un métier de cons, égocentriques, pas très intelligents, manquant de profondeur, dans le paraître... ».

Outre le talent, quels sont, pour lui, les ingrédients de la réussite ? « De la force, psychique et physique, pour ne pas être détruit. Des rencontres, de la disponibilité, l'écoute de gens et des projets car, il y a dix ou quinze ans, j'ai cotoyé des jeunes que je trouvais légers. Aujourd'hui, ce sont de grands metteurs en scène. Je lis tout ce que l'on m'envoie et je réponds toujours. Ne pas le faire me paraitrait aussi impoli que peu professionnel. Enfin, l'investissement total dans chaque projet. Je travaille beaucoup : écriture -deux films en cours, une série télé, projets de web séries-, jeu, mise en scène et même cours de comédie. En résumé, la chance ne doit pas grand chose au hasard, on la provoque ! ».

Et si on parlait de ses défauts? « Mes retards, un combat de chaque jour, d'autant que je vis à 80 km de Paris » et « mes facilités dans la comédie qui nécessitent des metteurs en scène intelligents pour me canaliser et me rendre meilleur ».

Eric ne cache pas ses « doutes, déceptions, colères contre les promesses non tenues... » vite balayés par ses « espoirs, envies, attentes » et souligne « J'apprend de mes échecs, tout en gardant ma naïveté et mes illusions ».

Reste à lui souhaiter, à travers "Eurêka", un nouveau succès !
Portrait par Caroline Fabre
Paru le 20/11/2016

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