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D.R.


Édith Scob visite Thomas Bernhard
La femme mystère
"Une pièce magnifique, d'une violence "hénaurme", une farce d'une méchanceté désolante et grotesque." C'est ainsi qu'Édith Scob présente "Déjeuner chez Wittgenstein", la pièce
de Thomas Bernhard qu'elle va jouer sous
la direction de Hans Peter Cloos, aux côtés de Pierre Vaneck et Catherine Rich. L'histoire ?
Celle du philosophe Wittgenstein, que ses deux sœurs viennent de sortir de l'asile...
Une nouvelle occasion pour Édith Scob d'explorer un personnage hors norme.
Édith Scob est à la mode, on ne va pas s'en plaindre. Sa silhouette aiguë, sa voix aigrelette, hantent plus que jamais les écrans et les scènes, conférant à tout coup aux spectacles et aux films dans lesquels elle apparaît un mystère, une étrangeté qui n'appartiennent qu'à elle. Cette singularité qu'on redécouvre à chaque fois n'est pourtant pas nouvelle, puisque cela fait plus de quarante ans
qu'Édith Scob la trimballe, depuis qu'à ses débuts, Georges Franju en fit la jeune fille diaphane et défigurée dont on ne voyait que le regard sous le masque des Yeux sans visage. "Les années qui ont suivi, je n'arrivais pas à me dépêtrer de ce que Franju avait vu en moi. Mais c'est formidable aujourd'hui de constater que ce film est devenu un symbole du cinéma fantastique français. On m'y associe toujours. Christophe Gans (le réalisateur du Pacte des loups) m'a choisie pour cela." Et c'est ainsi qu'Édith Scob s'est imposée, un peu à son corps défendant, dans tant de rôles de folles, de victimes, de douces ou moins douces timbrées : "J'essaie d'être le plus prosaïque possible pourtant, mais c'est toujours décalé. Il y a des choses que je contrôle et d'autres pas", glisse-t-elle, tout sourires, sans chercher plus avant à percer le mystère de son art qui la mène inexorablement à tirer ses personnages vers une forme d'irrationnel.

Rien ne prédestinait cependant, cette petite fille d'un général de l'armée russe blanche et d'un pasteur protestant austère, à flirter ainsi avec les zones d'ombre de la psyché humaine. "Mais vous savez, j'avais un frère qui est devenu coureur cycliste, alors après cela, comédienne, ce n'était pas bien grave..." Ses débuts sont classiques (le Don Juan de Montherlant aux côtés de Pierre Brasseur, à l'Athénée déjà), et puis très vite, la rencontre avec Franju qui va tout transformer. "Tout m'est arrivé en même temps. Avec du recul, j'ai l'impression de ne pas avoir bien profité de tout cela. J'étais très timide à l'époque, très fragile, j'avais peur des gens. Cela a alimenté mon image. Pourtant je ne regrette rien. Je ne sais pas comment la vie se tricote, mais je crois que les choses ne peuvent pas être autrement que ce qu'elles sont. Ce que j'ai fait m'a énormément apporté. C'est peut-être ce qui me permet aujourd'hui d'avoir un parcours si varié."

Une carrière protéiforme
Théâtre : Elle a joué Ibsen, Duras, Anouilh, Tchekhov, Minyana (elle a même signé la mise en scène de deux de ses pièces).
Télé : Outre un Jeanne au bûcher et une Jeune fille Violaine de Claudel en prime time du temps de l'ORTF, personne n'a oublié son inquiétante composition dans le feuilleton-culte La Poupée sanglante.
Cinéma : Depuis son apparition en cliente fofolle dans Vénus beauté (institut) en 1997, elle n'en finit plus de camper de savoureux
seconds rôles : Le Temps retrouvé, L'Homme du train, La Fidélité, Le Pacte des loups... On la verra cette année dans Bon voyage de Jean-Paul Rappeneau en compagnie d'Adjani et Depardieu, et dans Ce jour-là de Raoul Ruiz.

Portrait par Didier Roth-Bettoni
Paru le 15/03/2003

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