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Jean-Paul Bordes
© Bruno Perroud


Vient de paraître
Jean-Paul Bordes & Jean-Paul Tribout
Jean-Paul Tribout installe sur la scène du Théâtre 14 cette critique corrosive des milieux de l'édition et des prix littéraires. Créée en 1927 par Édouard Bourdet au Théâtre de la Michodière, la pièce y fut jouée 683 fois. Souhaitons le même succès à sa version 2016.
Jean-Paul Bordes est Maréchal, écrivain à succès

Pour quelles raisons ce projet de Jean-Paul Tribout a-t-il retenu votre attention ?
Édouard Bourdet est l'un des premiers auteurs que j'ai entendu et vu au théâtre avec "Le Sexe faible" à l'Athénée dans les années 1970. Depuis, j'ai eu l'immense chance de devenir ami avec Arletty à la fin de sa vie, et nous parlions souvent de "Fric-Frac" qu'elle avait créée avec Victor Boucher et Michel Simon. "Les Temps difficiles", sur la crise de 1929 dans les milieux bourgeois, est également une pièce que j'aime profondément. En dehors de l'amitié qui me lie à Jean-Paul Tribout, c'était difficile de résister au plaisir de jouer enfin cet auteur.

Pourriez-vous nous présenter votre personnage ?
Maréchal est un auteur qui se vend bien. Bourdet ne parle pas de son talent, démontrant, dans le portrait cynique qu'il dresse des milieux littéraires, que l'essentiel est le rendement. Sûr de lui, de sa prose, c'est un professionnel de la drague des femmes du monde - mariées ou pas! Il connaît parfaitement les arcanes du pouvoir dans les maisons d'édition et n'hésite pas à trahir untel et se servir d'une aventure personnelle pour pondre une nouvelle ! Tout cela avec un charme, une fantaisie et un pragmatisme absolu !

Au gré de quelles péripéties entraînez-vous le spectateur ?
La pièce démarre un jour de remise de prix littéraire, avec l'effervescence, le suspense et les rebondissements qu'il faut, pour entraîner le spectateur dans une rivalité entre deux auteurs, exacerbée par des histoires d'adultère. Tout cela magistralement manipulé par Moscat, le patron sans scrupules d'une maison d'édition, qui espère tirer un texte à succès de tout cela, sans se soucier des victimes !


Jean-Paul Tribout est Moscat, éditeur diabolique


Qu'appréciez-vous dans le théâtre d'Édouard Bourdet ?
L'écriture de ce roi du théâtre de l'entre-deux-guerres m'attirait. J'ai eu envie de traiter cette forme plus "aquarellée" que le vaudeville, tout en demi-teinte et faisant la part belle aux comédiens. "Vient de paraître" est une comédie de salon, un genre auquel je ne me suis jamais confronté ! C'est une satire du monde de l'édition et de l'attribution des prix littéraires, sur laquelle se greffe une histoire d'amour et d'adultère. C'est donc aussi une comédie de mœurs.

Quelles thématiques votre mise en scène mettra-t-elle en valeur ?
J'aimerais souligner les contradictions humaines, les petites luttes de pouvoir, les jeux de séduction, mais surtout, une réflexion fort pertinente sur la création et la permanence du cynisme bourgeois. Les années 1925-1930, quant à elles, seront fantasmées à travers nos souvenirs cinématographiques ou picturaux. L'environnement sonore utilisera des musiques de Francis Poulenc, la plupart composées à l'époque de la création de la pièce.
Dossier par Alain Bugnard
Paru le 23/09/2016

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