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© Pascal Victor-ArtComArt


Le Silence de Molière
au Théâtre de la Tempête
Après une nouvelle version de "Touchée par les fées" présentée au prochain Festival d'Avignon (sur la scène du Petit Louvre), Ariane Ascaride prendra en septembre la direction du Théâtre de La Tempête pour "Le Silence de Molière". Un texte de Giovanni Macchia qui revient sur les joies et les peines d'Esprit-Madeleine Poquelin, la fille du grand auteur. Aux côtés de la comédienne, le jeune acteur Loïc Mobihan. Tous deux sont accompagnés par la voix de Michel Bouquet. Dans une mise en scène de Marc Paquien.
Qui est cette femme si touchante que Giovanni Macchia nous amène à découvrir dans "Le Silence de Molière" ?

Il s'agit d'Esprit-Madeleine Poquelin, la fille de Molière. C'est une femme à laquelle, d'une certaine façon, je ressemble. Il m'a fallu aller chercher en moi des choses très profondes pour parvenir à l'incarner. Etant la fille de cet immense artiste qu'est Molière, Esprit-Madeleine a dû faire face à la frivolité du monde du théâtre. Et à la cruauté qui, parfois, en découle, et peut vraiment faire mal. Cela par manque d'attention. Quand on est totalement pris par la scène, par le fait de jouer, on peut passer à côté de certaines choses. J'irais même jusqu'à dire que cette forme de frivolité peut tuer... Esprit-Madeleine est complètement tiraillée entre l'admiration, la fascination qu'elle ressent pour son père, et la douleur que cet homme lui a imposée en consacrant sa vie au théâtre.

Que pourriez-vous dire de cette douleur ?

C'est une douleur sourde. Une douleur solitaire. Personne ne se rend compte qu'Esprit-Madeleine souffre. Parce que personne ne fait attention à elle.

Est-ce que ça été facile pour vous d'entrer dans ce personnage ?

Non. Ça été difficile. Parce que, pour cela, j'ai dû dévoiler la part de solitude que j'ai en moi. Cette solitude n'est pas quelque chose que je montre habituellement, n'est pas quelque chose que l'on voit. Mais elle est là. Au fond de moi.

Comment avez-vous réussi à dépasser cette difficulté ?

En me laissant aller à être moi-même. En cessant d'essayer de me protéger. Il a fallu, pour cela, que j'accepte de faire confiance à Marc Paquien, qui a été avec moi d'une grande générosité. Il m'a aidé à dépasser mes peurs, mes pudeurs...

Qu'est-ce qui vous touche le plus dans cette pièce ?

Je crois que c'est ce qu'elle révèle sur la façon dont était considéré Molière à son époque : c'est-à-dire au quart de son génie et, même, au quart de sa personne. Cela, parce qu'il n'entrait pas dans les cadres de la bienséance. Malheureusement, cette façon de considérer certains artistes perdure encore aujourd'hui. Cette chose-là peut avoir des conséquences au-delà même de la personne concernée. Ainsi, en plus de sa propre douleur, Esprit-Madeleine porte également la douleur de son père.

A vos côtés, Loïc Mobihan incarne le rôle d'un jeune homme énigmatique qui veut en savoir plus sur Esprit-Madeleine et son père...

Sa présence est primordiale. C'est quelqu'un dont elle se méfie très fort, au départ. Mais il parvient à la faire parler. Ce jeune homme déclenche en elle ce qui ne demandait, finalement, qu'à s'exprimer.
Zoom par Manuel Piolat Soleymat
Paru le 20/08/2016

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