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© Carlotta Forsberg


Trinidad
« L’humour est un moyen au service de ce que je défends »
Trinidad avait écrit sur la transmission ("La Conversion de la Cigogne") et parlé de l'évolution de la française moyenne dans « Peut-on avoir été conçu dans l'amour et faire la gueule dans les transports en commun ? » Aujourd'hui, cette auteure et comédienne remonte, au Studio Hébertot « Et pendant ce temps Simone veille » qui revisite avec humour la condition féminine des années 50 à nos jours.
Avez-vous écrit ce spectacle en prévision des 40 ans, en 2014, de la loi dite Veil légalisant l'avortement ?

Non. Il est né en 2011. On était en pleine affaire Strauss-Kahn... résumée ainsi par Jean-François Kahn « ce n'est jamais que le troussage d'une femme de chambre ». Entendre ça, en France, pays où j'ai eu la chance de grandir et de choisir ma vie, ça m'a retourné les tripes ! Et j'ai aussitôt commencé à l'écrire.

Qu'est-ce qui a guidé votre écriture ?

J'ai tout de suite pensé à trois femmes, quatre générations de femmes et un personnage extérieur déroulant des dates signifiantes. Sans humour, ce spectacle, né d'une colère, aurait été d'une violence inouïe et ingérable pour le public. Or, si au début de ma carrière, le rire était pour moi un but, il est devenu, depuis « La Conversion de la Cigogne », un moyen au service de ce que je défends. Aussi, pas question de montrer des personnages caricaturaux. Je me suis inspirée de femmes que j'ai rencontrées ou dont on m'a parlé, et ai raconté des petits bouts de leur vie. Enfin, j'ai arrêté les lignées en 2010 pour que chaque spectateur puisse réfléchir sur la sienne et son devenir.

Dans quel but ?

D'abord transmettre. Comme je fais peut-être partie de la dernière génération qui se souvient que les femmes se sont battues pour leurs droits, j'essaie, à mon petit niveau, de maintenir cette mémoire à flot. Ensuite, faire prendre conscience de la fragilité de ces droits. Enfin, donner une vision large de la femme sans l'enfermer dans les rapports du couple.

Diriez-vous que cette version du spectacle est l'aboutissement de celles qui l'ont précédée ?

C'est comme du Canada Dry: c'est le même titre, la même histoire mais pas le même spectacle ! Ce, grâce à la rencontre avec trois comédiennes de théâtre (Agnès Bove, Fabienne Chaudat, Serena Reinaldi), toutes concernées par l'évolution de la femme et qui, comme moi, aiment les hommes. L'apport de notre metteur en scène, Gil Galliot, a aussi été essentiel. Sous son impulsion, j'ai débarrassé mon texte de ses scories, je l'ai recentré et parfois réécrit sur mesure pour les nouvelles comédiennes. Il m'a aussi poussée à ajouter des images documentaires, sérieuses ou cocasses, que l'on a cherchées ensemble.

En quoi vous adressez-vous aussi aux hommes ?

Ce spectacle, plus féminin que féministe, fait appel au côté féminin qui est en chacun de nous. En entrant dans l'intimité des femmes, les hommes peuvent y découvrir l'histoire de leur mère, de leur femme, de leur fille. En fait, c'est notre histoire à tous, celle qui permettra de nous rassembler autour de ce que nous avons en commun et d'apaiser la société et nos rapports ! Mais ce n'est pas une mince affaire !!!
Interview par Caroline Fabre
Paru le 12/05/2016

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