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David Maison
© Bruno Perroud


"Don Quichotte" Au Théâtre 13
Jérémie Le Louët et David Maison
Après "Le Horla", "Richard III" ou encore "Ubu roi", la compagnie des Dramaticules, dirigée par Jérémie Le Louët, s'empare du roman de Cervantès.
Jérémie Le Louët, adaptation et mise en scène

Quelle est, selon vous, l'essence du roman de Cervantès ?

Considéré comme le roman des romans, "Don Quichotte" conte l'histoire d'un homme qui décide de lutter contre la médiocrité du monde pour la transformer en une épopée fantasmagorique. Mettant sur un pied d'égalité le livre saint et le livre profane, le personnage de Quichotte pose la question de la foi : foi religieuse, foi, foi en l'acte créateur, foi en l'aventure collective.

Quelle image de son personnage souhaitez-vous laisser aux spectateurs ?

L'image d'un perdant magnifique ; celle d'un homme qui s'est transcendé pour la gloire, et qui a choisi de faire de sa quête impossible une source de réflexion philosophique sur le sens de sa vie. Grotesque, terrifiant et pathétique.

Quel genre avez-vous privilégié : le conte initiatique ou le questionnement philosophique sur le réel et l'illusoire ?

Il faut travailler ces deux aspects. L'œuvre aborde les thématiques de l'imaginaire, du vrai, du faux, du réalisme et du merveilleux, le tout dans une langue baroque. La mise en abyme du spectacle dans le spectacle est pour moi une entrée en matière incontournable. Narrateur dans la narration, histoires dans l'histoire, théâtre dans le théâtre : "Don Quichotte" est multiple. Tous les styles s'y côtoient, tous les renversements aussi. C'est une satire, un prêche, un hommage, une confession, un divertissement.

David Maison, comédien

Quelle vision du théâtre partagez-vous avec la compagnie des Dramaticules ?

Je me reconnais dans le travail de Jérémie, dans cette nécessité de faire de la représentation le lieu de son questionnement, dans l'envie de bousculer les codes de jeu, les conventions, les genres de théâtres... Proposer au public des spectacles audacieux et exigeants qui arrivent aussi à être populaires est une aventure que je suis ravi de tenter depuis presque dix ans à ses côtés.

Quels personnages allez-vous incarner et au gré de quelles péripéties vont-ils nous entraîner ?

Plusieurs personnages que les héros croisent sur leur route : un berger maltraité par son maître, un vagabond accusé de viol, une jeune fille poursuivie par un monstre, ainsi qu'un chevalier dont la rencontre sera déterminante pour Quichotte !

L'œuvre de Cervantès est une parodie de l'idéal chevaleresque qui a façonné le Moyen Âge. Quelles sont, selon vous, les limites de cet idéal dont les valeurs semblent, a priori, plus humaines que celles de "l'idéal" mercantile dans lequel nous vivons aujourd'hui ?

L'humilité, la bravoure, la courtoisie, la foi et l'honneur caractérisent l'idéal chevaleresque. Si ces valeurs sont moins éclatantes de nos jours, je crois qu'elles ont encore du crédit. Il ne faut pas oublier que le "chevalier solitaire redresseur de torts" est avant tout une figure de roman. "Don Quichotte" illustre en quelque sorte cette limite : dans un monde sans géants, sans dragons, sans enchanteurs, quelle est la raison d'être des chevaliers ?
Dossier par Alain Bugnard
Paru le 30/08/2016

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