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© Bruno Perroud


Christine Murillo
"Chinoiseries"au Vingtième Théâtre
Nabil El Azan met en scène Chinoiseries, de l'auteure québécoise Evelyne de la Chenelière, au Vingtième Théâtre. L'histoire de Mme Potée et M. Chiton, deux voisins solitaires en mal de communication. Aux côtés de Jean-Claude Leguay, Christine Murillo interprète cette comédie décalée et distordue.
Qui sont Mme Potée et M. Chiton, les deux personnages qui se croisent sans vraiment parvenir à se rencontrer, dans Chinoiseries ?
Mme Potée et M. Chiton sont les deux protagonistes de cette comédie très décalée, qui joue beaucoup sur le fantasme et l'imaginaire. Ce sont deux voisins de palier, des êtres solitaires qui sont habités par des vies intérieures très intenses, mais très différentes l'une de l'autre.

Quelles sont les caractéristiques de ces deux univers intérieurs ?
En ce qui concerne mon personnage, Mme Potée, elle rêve d'avoir la beauté et la délicatesse d'une Chinoise. Mais pas de n'importe quelle Chinoise: d'une femme qui ressemblerait à Maggie Cheung dans "In the mood for love", le film de Wong Kar-Wai ! Quant à lui, M. Chiton, après avoir vécu une grande partie de sa vie avec sa mère, il souffre de ne jamais être remarqué par qui que ce soit... Ces deux personnages atypiques tiennent davantage de monstres de cirque, de clowns, que des amoureux de Peynet !

Sur quel genre d'humour Chinoiseries s'appuie-t-elle ?
Je dirais sur un humour grotesque. L'étrangeté de la pièce prend sa source dans la solitude de ces deux personnages. Evelyne de la Chenelière le dit à la fois pour M. Chiton et pour Mme Potée : ce sont des êtres qui se cherchent des semblables. Chinoiseries est une comédie absolument loufoque et profondément mystérieuse.

Diriez-vous que ces deux personnages, au-delà de leurs particularismes, se ressemblent, notamment à travers leur solitude ?
Non, car leur manière d'être seul est assez différente. Mme Potée veut encore croire au bonheur, elle a un espoir, alors que M. Chiton, il me semble, est plus sombre. Il faut dire que cet homme dont l'obsession est d'être remarqué se trouve face à une femme qui est myope et qui, donc, ne remarque rien !

Qu'est-ce qui vous lie à Jean-Claude Leguay, comédien avec qui vous avez joué, aux côtés de Grégoire Oestermann, votre série de spectacles Xu, Oxu et Ugzu ?
Jean-Claude est un copain de toujours. Cela fait 40 ans que l'on se côtoie et finalement, à part des lectures à la Mousson d'été et, depuis une dizaine d'années, les différents spectacles du Baleinié (ndlr, Xu, Oxu et Ugzu), personne ne nous avait jamais demandé de jouer ensemble. Je dois donc dire que je suis vraiment très heureuse de le retrouver sur scène, même si, et c'est là le piquant de l'histoire, nos deux personnages ne se parlent pratiquement pas, puisqu'il s'agit d'une pièce sur l'incommunicabilité.
Interview par Manuel Piolat Soleymat
Paru le 12/04/2016

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