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©Didier Pallages


Éric Bouvron
le globe trotter du théâtre
Avant de porter ses spectacles sur scène, Eric Bouvron voyage : Afrique du Sud (bon, OK, il y a grandi !) pour « Afrika », désert du Namib où il a partagé la vie des Bushmen pour « Bushman » et Groenland avec les Inuits pour « Un thé sur la banquise ». Il parcourt aussi le monde pour « Un Touriste dans ma tribu » (Fox TV / Voyage). Aussi, quand il projetait de monter « Les cavaliers » de Joseph Kessel, n'a-t-il pas pu s'empêcher de découvrir les steppes de l'Ouzbékistan.
Eric, pourquoi l'Ouzbékistan... alors que l'action se déroule en Afghanistan ?
L'Afghanistan d'aujourd'hui n'a plus rien à voir avec l'Afghanistan de Kessel. L'Ouzbékistan en est proche. J'ai constaté sur place de nombreux socles communs : sport, chevaux, steppes... même la façon de boire le thé ! En voyage, je m'imprègne de l'énergie, des paysages, des peuples, des coutumes, d'un rythme... Grégori Baquet, qui joue avec moi, m'a accompagné. Sur scène, quand on parle des steppes, on les a vécues.

Kessel, "Les cavaliers", sont-ils vos livres de chevet ?
Je n'avais rien lu de Kessel. En revenant du Groenland, je confiais à mon ami Thibaud mon envie d'aller là où l'on dit que le Mal règne, l'Afghanistan par exemple, pour démontrer ce que je pense : il y a de la beauté partout ! Il m'a alors offert « Les cavaliers » et je n'ai plus eu qu'une envie, raconter cette histoire. Pour son côté mystique, ses personnages et ses images forts, ses mots précis... Kessel nous parle de tolérance, de parole donnée, de respect pour l'autre... Et ce n'est pas politiquement correct ! On voit toutes les failles, la cruauté des hommes, leur orgueil... Le cheval, au centre, est l'élégance et l'intelligence. Tout ce que je pouvais inventer aurait paru tellement banal !

Adapter ce roman foisonnant pour trois comédiens et un musicien chanteur-bruiteur, ça ne fait pas peur ?
Quand il lit un livre, le lecteur imagine. Mon travail, c'est entrer dans l'imaginaire du spectateur via les mots, le son, le jeu et l'espace. J'avais juste une contrainte en plus, les mots de Kessel. Tous sont de lui, sauf un rajout explicatif au tout début. Il parle beaucoup au lecteur et j'ai essayé de faire passer sa parole à travers les personnages qui, sur scène, sont nourris par les centaines d'autres du livre. En revanche, j'ai eu besoin d'un regard extérieur, celui d'Anne Bourgeois dont le travail a été essentiel. Je me suis donné à elle en tant que comédien et auteur et nous avons co-signé la mise une scène.

Ce spectacle marque un virage dans votre carrière. Fini le solo ?
Mes origines sont shakespeariennes mais on me connait comme un humoriste un peu "ovni" car, dans mes spectacles, je joue, danse, chante et parle d'ailleurs. Kessel a refait dévier ma route en m'obligeant à travailler avec d'autres. C'était sans doute inévitable! Même si mes solos tournent encore, je prépare uniquement des spectacles de troupe... qui vont me faire voyager vers d'autres contrées.

Ayant eu un plaisir immense à voyager avec ses « Cavaliers », je vous incite vivement à réserver votre soirée au Théâtre La Bruyère.
Interview par Caroline Fabre
Paru le 25/03/2016

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