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© Cie Théâtre de l’Homme


Dimitri Klockenbring
L’irrésistible ascension de Monsieur Toudoux ! Au Théâtre 13
Emilie Cazenave, Nicolas Lumbreras, Romain Francisco, Bernadette Le Saché, Juliette Poissonnier et Yvan Garouel : ils sont six sur scène et investissent, sous la direction de Dimitri Klockenbring, l'univers burlesque de Georges Feydeau. Le jeune metteur en scène répond à nos questions.
A partir de quels matériaux avez-vous conçu la trame dramaturgique de "L'irrésistible ascension de Monsieur Toudoux !" ?
Ce spectacle est l'adaptation de trois farces conjugales en un acte de Georges Feydeau : "Léonie est en avance", "On purge bébé" et "Mais n'te promène donc pas toute nue". Le travail d'adaptation a consisté à relier les différents couples de ces trois pièces et à les fusionner en un seul.

Qui est donc Monsieur Toudoux, l'anti-héros que vous placez au centre de votre représentation ?
C'est un homme issu d'un milieu modeste qui développe un complexe d'infériorité lorsqu'il épouse Julie, une jeune fille de la haute aristocratie. Julie est la fille unique de Madame de Champrinet, une femme aussi riche qu'influente. Monsieur Toudoux met tout en œuvre pour se hisser au niveau de sa belle-famille et ainsi, pense-t-il, réussir sa vie.

Le titre de votre spectacle est un clin d'œil à une pièce de Bertolt Brecht : "La Résistible ascension d'Arturo Ui". Quels liens faites-vous entre ces deux pièces et ces deux personnages ?
C'est en effet un clin d'œil, avant tout humoristique. Dans les deux cas, il s'agit de l'histoire d'un homme prêt à tout pour réussir. Il ne peut être question, chez Feydeau, d'un théâtre aussi explicitement politique que chez Brecht. Néanmoins, la question de la place sociale et de son déterminisme y sont clairement thématisés. D'ailleurs, la drôlerie de ces trois farces est d'autant plus féroce qu'elle s'incarne dans une réalité sociale.

De façon plus générale, que vous inspire le théâtre de Georges Feydeau ?
Beaucoup de choses contradictoires. Le théâtre de Feydeau peut être tout à la fois euphorisant, jouissif et extrêmement drôle, comme il peut être ringard, poussiéreux et vieillissant. C'est donc un challenge pour moi, aujourd'hui, de monter cet auteur. Un challenge très stimulant !

Il s'agit en effet d'un théâtre très codifié. De quelle façon vous en emparez-vous ?
On entend souvent parler, à propos du théâtre de Feydeau, de "mécanique, d'horlogerie, de machine infernale"... Mais, c'est avant tout la vitalité du texte qui, moi, m'intéresse. A travers "L'irrésistible ascension de Monsieur Toudoux !", je souhaite proposer une incursion dans l'intime qui place l'accent sur la vraisemblance des situations et la justesse des rapports humains. J'ai voulu chercher l'intime pour faire advenir un effet de réel. Pour cela, j'ai essayé d'effacer les résidus des conventions et des aprioris souvent mis en jeu quand on s'attaque à cet auteur. Cette immersion dans la vie des Toudoux n'en est, je l'espère, que plus festive, joueuse et féroce.
Interview par Manuel Piolat Soleymat
Paru le 10/05/2016

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