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© Karine Letellier


Pygmalion
Lorie Pester & Sonia Vollereauxu au Théâtre 14
Dans cette nouvelle traduction et adaptation par Stéphane Laporte de la pièce de Bernard Shaw, Eliza Doolittle devient ouvreuse de cinéma. Ned Grujic, à la mise en scène, a choisi quant à lui de transposer l'action dans l'univers glamour des années 1950, quand Hollywood voulait faire de la femme une reine - en apparence. Pour ses premiers pas au théâtre, à mi-chemin entre romance et comédie musicale, Lorie Pester endosse les habits d'Eliza aux côtés, notamment, de Benjamin Egner et Sonia Vollereaux.
Lorie Pester est Eliza Doolittle

Pour quelles raisons le projet de Ned Grujic vous a-t-il séduite ?
J'ai rencontré Ned il y a environ trois ans pour un projet qui ne s'est pas fait. Le feeling était néanmoins très bien passé et nous avions envie de travailler ensemble. Du coup, quand il m'a proposé Pygmalion, je n'ai pas hésité une seule seconde ! J'aime aussi l'adaptation de Stéphane Laporte, avec cette transposition dans les années 1950 et ce rappel aux comédies musicales de l'époque qui apportent une saveur particulière à la pièce.

Comment percevez-vous Eliza Doolittle et quelles couleurs allez-vous lui donner ?
Eliza est très agréable à jouer car il y a une vraie évolution dans la vie de ce personnage, et donc dans la manière de l'incarner. C'est une jeune fille qui a grandi dans la rue, avec un grand cœur et des rêves à réaliser. Elle est un peu candide mais elle sait ce qu'elle veut et ne veut surtout pas se faire avoir ! Au début de la pièce, elle a une gouaille et une posture physique que j'ai dû particulièrement travailler. Et puis, après sa rencontre avec le professeur Higgins, elle se métamorphose en une dame de la société. La posture, le langage, l'accent... tout change ! C'est une facette complètement différente. Elle a grandi en maturité, elle va apprendre énormément sur elle et sur les autres, et se rendre compte que la belle vie qu'elle espérait n'est pas aussi rose que dans ses rêves. J'essaye de rendre cette transition la plus vraie possible. J'aime passer de cette jeune fille, brute de décoffrage et comique, à cette jeune femme posée, mature, qui finit par prendre conscience de la réalité.

Audrey Hepburn et Rex Harrison ont laissé une empreinte très forte du duo Eliza/Higgins dans "My Fair Lady". Comment l'envisagez-vous avec Benjamin Egner ?
C'est vrai que la pièce est entièrement construite autour de ce duo. Higgins est celui qui va aider Eliza à évoluer, il va tout lui apprendre pour gagner le pari qu'il a fait et faire d'elle une véritable duchesse. On a beaucoup travaillé avec Benjamin sur cette évolution de leur lien, pour qu'il y ait plein d'émotions différentes qui se mélangent : de l'humour, de l'affection, de la colère... ils passent vraiment par tous les sentiments ! Avec Benjamin, on s'est tout de suite très bien entendu. J'ai la chance d'être entourée d'une troupe formidable, nous rions beaucoup, passons de très bons moments en coulisses. Cette complicité se ressent sur scène. Du coup, Benjamin essaye parfois de me tendre quelques pièges : le plus dur est de ne pas rire et de continuer à jouer comme si de rien n'était !

Sonia Vollereaux est Madame Higgins

Celle qui fut Constance Mozart dans l'Amadeus de Peter Shaffer avec Roman Polanski, ou plus de mille fois Marie Curie dans la première version des «Palmes de Monsieur Schutz» se voit ici confier le rôle de la mère du professeur de phonétique qui, irritée par le comportement misogyne de son fils, prendra la jeune Eliza sous son aile : "Ce rôle me permet d'entrer doucement dans le 3e âge, ce qui est réjouissant pour moi ! Madame Higgins est un personnage fort, défendant la cause des femmes et représentant cet esprit bourgeois du XIX e siècle qui a perduré jusque dans les années 1960. La mise en scène de Ned permet d'accentuer ses multiples facettes : elle est baroque, intelligente, forte et très humaine... Au-delà du personnage, le projet de Ned est passionnant car il y apporte sa culture, son enthousiasme et sa générosité. Nous avons l'impression d'être au cinéma, avec un côté vintage qui n'est pas sans rappeler "La dernière séance" : Entre chaque acte, comme un fil rouge, Ned a eu la bonne idée de projeter des fausses actualités Gaumont-Pathé, reportages imaginaires sur les leçons du professeur Higgins, les réceptions de Madame Higgins ou l'apparition magique et triomphale d'Eliza au bal. Enfin la troupe est merveilleuse et notre Lorie épatante. Dans la vie comme sur le plateau, elle a une attitude de sportive : c'est une bosseuse ! Elle est simple, directe, éminemment sympathique. Nous espérons faire passer un excellent moment aux spectateurs avec ce spectacle enchanteur où l'on chante et l'on danse, ce qui peut faire du bien dans une époque aussi tourmentée que la nôtre... "
Dossier par Alain Bugnard
Paru le 16/01/2016

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