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D.R.


Ça n’arrive pas qu’aux autres
Quand les faits divers s’invitent au théâtre
C'est au Théâtre du Café de la gare que vous pourrez découvrir cette comédie écrite et mise en scène par le duo Nicolas Martinez et Benoît Moret, dont ils sont aussi les interprètes aux côtés de Pascale Oudot et Ariane Boumendil.

Nicolas, revenons sur l'origine de votre pièce.
Nicolas martinez: Tout est parti de la complicité sur des sketches qu'on faisait avec Benoît dans la troupe à Palmade. On voulait garder ces personnages qu'on s'était créé et les faire évoluer dans une autre situation plus longue qu'un simple sketch, une pièce entière. Malgré une situation de base assez banale, celle d'un couple parisien qui vient visiter la maison d'un couple de province qui est à vendre, notre volonté était de partir dans une escalade de faits improbables qui va tester assez vite les rapports entre chaque personnage, mais aussi leur tempérament. On s'est beaucoup inspiré des faits divers qu'on peut lire partout dans les journaux avec ce que ça peut comporter d'horrible mais aussi de drôle tellement c'est pathétique. C'est une écriture à quatre mains et deux têtes, ce qui explique aussi peut-être ce dynamisme des évènements qui s'enchainent. D'ailleurs, pour être honnête, on a commencé à écrire sans même savoir où on allait, ni même sans une idée de la fin. Il y a une forme d'engrenage qui s'amorce assez vite et on a tenté à chaque moment d'aller au bout des choses.
Pascale Oudot: Et bien sûr, même leur mise en scène et leur direction d'acteurs suit ce délire assumé.

Pascale, vous avez été étonnée à la première lecture de la pièce ?
Pascale : Oui vraiment. Ce qui est surprenant c'est qu'il y a à la fois un humour omniprésent, mais aussi un certain suspens à savoir où on va, car leur écriture n'est qu'une surenchère de situations incongrues au fur et à mesure que je tournais les pages, j'étais surprise et captivée. Les personnages comme le spectateur ne s'attendent jamais à ce qui va arriver. C'est intéressant car ça montre aussi la complexité humaine à travers ces deux couples, qui peut se cacher derrière ces faits divers qu'on résume souvent en trois lignes. En ça, leur écriture est assez bluffante au niveau de l'originalité des rebondissements mais aussi de la charge dramatique de chaque personnage.
Nicolas : Avec Benoit ce qui nous à tout de suite plu chez Ariane et Pascale, c'est leur soucis de sincérité. Elles jouent chaque situation à fond et sans y apporter d'effets. Elles apportent à la pièce une vraie folie avec des personnages qui ont de vraies failles. Tout comme cette maison à vendre ils sont tous en « chantier ». Même si la pièce a un côté déjanté, on est pas dans du théâtre de l'absurde, plutôt dans un théâtre d'absurdité ici. On reste donc dans un registre très réaliste. Durant les répétitions nous n'avions qu'une seule devise : « soyons sincèrement dingues et le pari sera réussi ».
Pascale : Et derrière cette comédie, qui repose d'ailleurs sur un vrai drame, il y a une certaine critique sociale. L'un des thèmes phares reste le regard des autres, avec ce que ça comporte d'impudeur ou de mauvaise foi. Malgré cette escalade de faits qui nous fait rire et nous entraine dans une spirale délirante, il y a du fond et une vraie réflexion sur notre condition humaine et l'époque dans laquelle nous acceptons de vivre.
Dossier par Samuel Ganes
Paru le 18/12/2015

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