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© Nicolas Marguerie


Clémence Mercier
Le Malade imaginaire
Après "Le Misanthrope" et "Dom Juan", Clémence Mercier poursuit son exploration du répertoire de Molière avec cette "folie médicale" rendant compte de la démence collective dans laquelle nous ne sommes pas loin de sombrer !
Pour quelles raisons avez-vous placé vos personnages dans une sorte d'hôpital psychiatrique ?
La maison de notre Malade imaginaire est bien pire qu'un hôpital psychiatrique ! Ce choix m'est venu au fur et à mesure du travail avec les comédiens pour illustrer certains vices extrêmement présents chez les personnages : ils sont intéressés, manipulateurs, menteurs... En s'appuyant sur ces défauts non cachés, on obtient cette "folie médicale": nos médecins sont très atteints avec un côté sadique et une fascination malsaine pour la maladie qui les rend complètement dingues ! La mise en scène est un tourbillon qui enchaîne les personnages à la maladie d'Argan, lui-même en demande permanente de soins, d'affection et d'écoute comme un drogué a besoin de sa dose !

Comment percevez-vous Argan ?
Nous avons choisi, avec Gautier Pougeoise qui endosse le rôle, d'en faire une personne seule et désespérée, rongée par la mort de sa première femme. Il comble le poids de cette perte avec sa maladie qui est une prison physique et mentale. Il est assez virulent et violent : il tient à avoir la main mise sur ses filles, son entourage et son argent. Il dirige d'une main de fer toute la maison. C'est tout sauf un personnage impotent !

Comment faites-vous coexister le XXIe siècle et la langue de Molière ?
Nous avons fait quelques coupes et repensé la manière de parler un classique en travaillant sur les intonations et le rapport entre les personnages que nous avons voulu "direct". Certains spectateurs pensent que nous avons "réécrit" le texte alors qu'il n'a subi aucune modification de notre part !
Interview par Alain Bugnard
Paru le 22/12/2015

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