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D.R.


Laurent Terzieff pour “Le regard” au théâtre Rive-Gauche
Depuis un demi-siècle, Laurent Terzieff arpente de sa silhouette longiligne les scène théâtrales, marquant de sa forte présence les planches.
Il présente au théâtre Rive Gauche "Le regard", une pièce de l'un de ses auteurs fétiches : Murray Schisgal.
Starter Plus : Comment situer le théâtre de Murray Schisgal ?
Laurent Terzieff : Murray Schisgal et moi nous sommes rencontrés au début des années 50. Depuis, j'ai monté sept pièces de lui, dont Love qui a été reprise deux fois. Nous sommes devenus amis. Quand j'ai abordé ce métier à 17 ans, il y avait deux courants qui irriguaient le théâtre de l'après-guerre : la critique politique et sociale d'une part, et le théâtre de l'absurde d'autre part. Il y avait en Amérique et en Angleterre une forme d'art théâtral qui hésitait entre le naturalisme et la psychanalyse. Un nouveau théâtre anglo-saxon est venu donner un coup de pied dans la fourmilière et tourner en dérision tout cela. Schisgal fait partie de ces auteurs-là.

S. P. : Quelle est votre intention en montant cette nouvelle pièce ?
L. T. : Schisgal me donne toutes les pièces qu'il écrit. J'avais Le Regard depuis plusieurs années dans mes tiroirs, mais je ne l'avais pas monté. Il s'agit en fait de deux pièces qui devaient être jouées l'une après l'autre. Elles mettent en apposition un thème commun : comment survivre dans l'absurdité du quotidien. J'ai préféré faire un découpage séquentiel de ces pièces et les faire interférer l'une dans l'autre. Les développements sont parallèles et apposés en même temps. C'est un montage presque cinématographique.

S. P. : Comment le metteur en scène doit-il aborder une pièce ?
L. T. : Le metteur en scène doit savoir lire. Il doit être le premier lecteur et le premier spectateur. Il faut savoir lire une pièce et la potentialité dramatique qu'elle porte.

S. P. : Vous connaissez bien la pensée de l'auteur. Comment aidez-vous les comédiens à y entrer ?
L. T. : Comme dans la vie ! Je travaille sur cette frontière mystérieuse entre l'inspiration de l'auteur et sa mise en forme. Je travaille sur tous les plans : la forme, le fond, l'inconscient, le conscient, le phrasé...

S. P. : Quel âge a votre compagnie ?
L. T. : En 2003, j'aurai cinquante ans de vie active dans le métier.

S. P. : Quel regard jetez-vous sur ces années ?
L. T. : Aucun regard. J'ai essayé d'épouser le goût de chaque époque. J'essaie de communiquer par l'art théâtral ce que l'on ne peut communiquer de chaque époque, ce que chaque époque a connu et goûté seule. J'essaie de témoigner pour le goût d'une époque.

S. P. : Que pensez-vous du goût de notre époque ?
L. T. : Je me dis que c'est une époque idéale pour vieillir !
Interview par François Varlin
Paru le 01/09/2002

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