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© Bruno Perroud


Marc Paquien
«Les Voisins» Au Poche Montparnasse
Après "Le Silence de Molière" de Giovanni Macchia et "La Révolte" de Villiers de l'Isle-Adam, Marc Paquien met en scène un texte de Michel Vinaver avec Lionel Abelanski, Alice Berger, Patrick Catalifo et Loïc Mobihan.
Pour quelles raisons le théâtre de Michel Vinaver vous interpelle-t-il ?
Ce qui m'intéresse, de prime abord, est de mettre en scène un auteur pour la première fois, d'aller vers ce que l'on ne connaît pas, de découvrir une écriture, et se laisser conduire par la langue, sa musicalité, ce qu'elle nous impose. Cela fait longtemps que je pensais à mettre en scène un texte de Vinaver, et «Les Voisins» sont arrivés de manière presque inattendue, comme si c'était évident. Ce qui est passionnant dans cette écriture c'est la manière dont la banalité, ou l'ordinaire, deviennent une force. C'est un théâtre qui «regarde les gens vivre» comme disait Antoine Vitez.

Quels sont les éléments de la pièce qui ont retenu votre attention ?
La pièce est un conte du XXe siècle, absolument invraisemblable. Un jeune homme qui se prénomme Ulysse aime une jeune fille, Alice. Ils vivent tous les deux avec leurs pères respectifs dans une apparente quiétude, dans la sécurité de leur quatuor. Mais après le vol de l'or enterré dans le jardin, cet équilibre va être bouleversé et leur espace intime balayé par une guerre sans merci entre les deux pères. Les personnages devront traverser des tempêtes pour enfin retrouver une nouvelle manière d'envisager l'existence, le bonheur. Ce qui me séduit aussi, c'est que la pièce est une comédie, dont l'ironie est le principal moteur, entre drôlerie et gravité. C'est un conte qui nous raconte le monde.

Dans quel univers visuel et sonore avez-vous choisi de placer vos comédiens ?
Un univers très simple et très pictural. Vinaver aime la peinture, celle de Dubuffet ou de Braque. Le décor ressemble à un dessin au crayon, blanc et noir, qui se disloque au fur et à mesure que les personnages sont emportés par la tempête. L'élément central est la table, à laquelle ils se retrouvent presque à chaque scène pour manger et boire. Une partie de la pièce est construite en plans séquence, avec des fondus enchaînés, et se déroule sur une année. L'univers sonore nous fait passer d'une séquence à l'autre, comme si nous étions balayés par le vent.

La profession traverse une crise comme l'ensemble de la société qui perd ses fondamentaux. Quelle est votre conception du théâtre ?
Quelque chose se déconstruit en ce moment, dans notre société et au théâtre. Plus j'avance dans la mise en scène plus je cherche à mettre le texte au centre du travail, avec les acteurs. Car regarder les acteurs et entendre une langue restent la grande joie du théâtre pour moi. Je vais cette saison mettre en scène Denis Lavant dans «Les Fourberies de Scapin», mais je pense qu'ensuite j'irai à la rencontre d'une autre écriture, peut-être celle de Nathalie Sarraute, car elle me semble tout à la fois incroyablement secrète et limpide, drôle et inquiétante.
Interview par Alain Bugnard
Paru le 19/09/2015

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