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Jean-Marie Besset
¢ Bruno Perroud


Le Banquet d'Auteuil
Rencontre avec son auteur, Jean-Marie Besset et le comédien Félix Beauperin
«Le Banquet d'Auteuil» raconte une soirée qui aurait pu être fatale à Molière, ses amis libertins et Baron, le plus grand comédien de son époque, aujourd'hui oublié, qui fut sans doute son amant. Créée en 2014 à Montpellier, cette pièce revient à Paris, au Vingtième Théâtre.
Jean-Marie Besset

Jean-Marie, nommé par F. Mitterrand à la tête du Théâtre des Treize Vents à Montpellier, vous en avez été débarqué par A. Filippetti. Votre sentiment ?
A gauche, chez les socialistes en particulier, une tendance considère le théâtre comme un art désuet, élitaire et sans raison d'être, préférant, au détriment du texte, une hybridation de formes pour «produire du lien social». Au contraire, la culture doit donner à tous l'accès aux œuvres !

Pourquoi l'homosexualité est-elle si présente dans vos pièces ?
N'est-ce pas simplement, le reflet de la société telle qu'elle est ? Pour parler du XVIIe siècle, il y avait de bons catholiques bons pères de famille d'un côté et, de l'autre, des libertins ne respectant ni le Ciel ni les bonnes mœurs mais pas obligatoirement homosexuels ou bisexuels comme on dirait aujourd'hui. D'ailleurs, on n'était pas «homosexuel» mais «sodomite»... et brûlé en place publique... comme aujourd'hui en Iran ou ailleurs !

Pourquoi remettre à l'affiche «Le banquet d'Auteuil» ?
Gageons que le procès que l'on m'a fait sur l'homosexualité de Molière, s'est éteint et qu'ainsi apparaîtra le véritable thème de la pièce, hommage à ce groupe d'amis, intellectuels et artistes, à mon sens le premier depuis l'Antiquité greco romaine, à s'afficher en Occident libertins, lecteurs de Tacite, épicuriens...

Felix Baupérin

Né en 91 à Cholet, il s'inscrit par curiosité chez Perimony et y trouve sa voie. «Faire du théâtre c'est ma façon de changer le monde». En ce sens, il a monté, avec Chloé De Broca (fille de Philippe), le Théâtre du Roi de cœur. Ce festival estival propose, à un public pas ou peu habitué au théâtre, des textes classiques interprétés sur un grand plateau en bois au milieu de la nature, près de Bergerac.

Félix, connaissiez-vous Baron ?
Non, je l'ai découvert à travers des biographies de Molière. Une préparation indispensble pour savoir dans quoi on s'engage et approcher les personnages historiques qui l'entourent. J'ai aussi « rencontré » Molière dont je n'avais étudié que les pièces et encore, j'en ai découvert la face cachée... à cause de la censure.

Avez-vous des points communs avec Baron ?
Oui. Comme moi, il est à l'aube de sa carrière. Il commence réellement à travailler avec Molière qui va lui donner de grandes pièces à créer. Moi, à la fin de ma formation au LFTP de Maxime Franzetti, je me suis fait engager par Jean-Marie Besset pour «Le Banquet d'Auteuil» à Montpellier, ma première pièce professionnelle.

Se dénuder sur un plateau, est-ce facile ?
Il n'y a pas de costume plus théâtral que la nudité. On est complètement soi-même et on s'offre totalement au public. Mais cette scène (sorte de concours des trois Grâces revisité pour déterminer qui a la plus belle paire de fesses) est le fruit d'un long travail de confiance avec ses partenaires. C'est aujourd'hui un moment agréable.
Dossier par Caroline Fabre
Paru le 17/09/2015

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